La Queen Parisienne : Shei Tan

La Queen Parisienne : Shei Tan

La Queen Parisienne du jour a laissé derrière elle le climat de sa Réunion natale pour notre ciel gris de la Capitale. Mais elle y apporte le soleil avec son sourire et son talent.

Je vous propose de découvrir le parcours et le travail de Shei Tan.

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Peux-tu nous dire comment tu as découvert l’univers du DragQueen ?

Je savais déjà ce qu’était être une DragQueen étant jeune, cependant je n’avais qu’une vision du Drag représenté par les médias (télévision, films …) à cette époque (90, 2000). Cet aspect du Drag ne m’attirait pas plus que ça. C’est lorsque j’étais adolescent, essayant de trouver des personnes avec lesquelles je pouvais me reconnaître, que j’ai découvert des profils « atypiques » assumant leur identité (principalement sur des sites comme Myspace). Certaines de ces personnes avaient une représentation ou une pratique du Drag plus alternative. C’est en voyant qu’on pouvait avoir une liberté et cultiver un aspect qui coïncidait plus à ma façon de voir les choses et mes goûts personnels que je m’y suis penché plus sérieusement.

Qu’est ce qui t’a plu dans cet art ?

Surtout la mise en scène d’un personnage que tu modèles toi-même. Que ce soit l’aspect théâtral dans la performance (mise en scène, jeu, danse, art circassien …) autant que la création plastique du personnage lui-même : perruques, stylisme, couture, maquillage … Aussi satisfaire ma curiosité dans différents corps de métiers et acquérir de nombreuses compétences dans ces domaines rajoutent une énorme satisfaction à la pratique de cet art.

Est-ce que quelqu’un ou quelque chose t’as aidé ou poussé à franchir le pas ?

En arrivant en métropole, c’est surtout le cercle d’amis dans lequel j’ai évolué à Paris qui m’a permis de m’affirmer et me pousser à me lancer dans cet art

Te souviens-tu de ta première fois ? As-tu un souvenir particulier à nous raconter ?

C’est une amie qui m’a aidé à me transformer en drag la première fois.  Je me souviens qu’en me voyant dans le miroir, je ne reconnaissais pas la personne qui était en face, c’est une expérience assez étrange mais agréable.

Pour parler de Shei Tan, comment la décrirais-tu en quelques mots pour que les lecteurs la connaissent mieux ?

Sheinara Tanjabi ( nom complet) aussi connu sous le nom de Shei Tan est un djinn ( un démon dans la littérature arabe) né au sein du piton de la Fournaise (Ile de La Réunion) qui prends la forme d’un être humain afin d’arriver à ses fins.

Est-ce que ton pseudonyme a une histoire ?

Sheinara Tanjabi est un nom fictif que j’ai inventé pour faire référence à mes origines indiennes et Shei Tan pour faire le lien avec l’islam, religion avec laquelle j’ai grandi. C’est aussi une manière de me ré-approprier ce pseudonyme que mon père me donnait lorsque j’étais jeune et qu’il avait quelque chose à me reprocher.

Que t’apportes Shei Tan quand tu l’incarne ?

Pour moi le drag est un moyen de présenter au public mon travail plastique et mes performances, c’est donc un outil que j’utilise pour présenter mon art. D’autre part le Drag m’a apporté un tout nouveau regard sur ma personne ainsi que beaucoup de confiance en moi.

Tu as, notamment, été invitée, avec d’autres, au Festival Le Monde sur le thème du DragQueen, qu’est-ce que cela représente pour toi d’être conviée à ce genre d’événements ?

C’était un plaisir de performer pour cet événement afin d’apporter une représentation a ce qui se fait dans l’art queer en France. De plus performer sur une scène telle que les Bouffes du nord a été une expérience très satisfaisante et un challenge pour moi qui m’a motivé à faire un numéro à la hauteur de la beauté du lieu.

Tu es DragQueen à Paris, comment qualifierais-tu la scène de la Capitale de ton point de vue ?

De mon point de vue la scène parisienne est très jeune, les types de shows qui sont présentés sont très codés (un peu comme une copie de ce que peut faire la culture américaine) ce qui est dommage car il y aurait tout à faire et on pourrait intégrer nos propres usages et façon de procéder. Aussi il y’a le concept de « bienveillance » que beaucoup de gens aiment prôner dans ce milieu mais ce n’est malheureusement pas mon ressenti. J’ai plutôt assisté à beaucoup d’hypocrisie, du favoritisme et de fausses manières auprès de bons nombres de drags.

Est-ce que tu as vu une évolution ces dernières années ?

Il y a beaucoup plus de drags et le public est maintenant beaucoup plus éclectique ce qui est une très bonne chose, le Drag est un art qui devrait parler au plus grand nombre.

Pour terminer, as-tu des projets que tu aimerais évoquer, ou passer un petit mot aux lecteurs ?

Je suis récemment rentré sur mon île natale (La Réunion) afin d’y construire un projet, pour l’instant il y des photos et une vidéo qui devrait bientôt voir le jour. J’invite donc toutes personnes originaires ou vivant à la Réunion et qui sont intéressés par le monde du Drag ou simplement ceux qui ont des questions à venir discuter avec moi.

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Merci à Shei Tan pour son temps et ses réponses sans concession. Si vous voulez en savoir plus ou l’aider sur son projet à La Réunion n’hésitez surtout pas à la contacter via les réseaux sociaux ou à m’écrire et je lui ferais suivre sans souci.

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