La Queen Internationale : Mauve de Mirabelle

La Queen Internationale : Mauve de Mirabelle

C’est au tour de Mauve de Mirabelle d’être notre invitée internationale, et elle nous emmène tous chez nos amis helvétiques.

Comment cela est perçu en Suisse, quel est son parcours et son actualité, elle répond à toutes nos questions ci-dessous. Bonne découverte.

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Pour débuter, peux-tu nous dire depuis combien de temps tu fais du Drag ?

Je me suis « transformé » pour la première fois il y a 24 ans. Mais c’était très élémentaire à l’époque. Maintenant je vis à fond l’art du Drag Queen, avec du maquillage professionnel et des shows, depuis 4 ans.

Comment as-tu découvert cet univers ?

Eh bien, dans les années 90, c’était un processus « naturel » de socialisation d’un jeune gay de faire Travestie (comme on l’appelait alors) à différentes occasions comme le bal du Nouvel An ou le défilé de rue (défilé techno à Zurich). Pour aller plus loin, j’ai été inspiré par RuPaul’s Drag Race, bien sûr.

A quelle occasion as-tu franchi le pas et fait du Drag pour la première fois ? As-tu un souvenir ?

C’était en 1996 pour une fête d’anniversaire à thème dans un château. J’avais l’air terrible, mais je me sentais fantastique.

Tu as gagné le concours DRAG-ROY-LÄLLE-TY, quel était ton challenge en y participant ?

Eh bien, pour être honnête, la seule raison pour laquelle je participais c’était parce que je voulais vivre le plaisir et l’excitation de participer à un concours. Comme une reine très talentueuse et jeune, qui a remporté le concours beaucoup plus important Heaven Drag Race juste quelques semaines avant, faisait partie aussi des candidates, je ne pensais pas que j’avais des chances de gagner. J’avais aussi 20 ans de plus que tous les autres participants. Et comme nous le savons de RPDR : les vieilles rentrent toujours à la maison en premier. Alors j’ai senti que j’avais la « liberté d’un imbécile » et j’ai fait ce que je pensais être amusant pour moi et pas, ce à quoi les gens s’attendaient. J’étais très détendu parce que je ne ressentais pas de pression pour gagner. Eh bien, à la fin mon programme était rafraîchissant et différent et j’étais de bonne humeur, le public et le jury ont adoré et j’ai gagné… Je n’y croyais pas !

Est-ce que cette victoire t’a ouvert des possibilités ?

La Suisse est un petit pays avec donc une petite scène. Et le concours Drag-Roy-lälle-ty à Bâle est la petite sœur du concours à Zurich. Donc, je ne suis pas devenue une star de la nuit. Mais j’ai eu beaucoup de réservations, des projets intéressants et une histoire dans un grand journal suisse. Mais j’ai un très bon travail de jour et je n’ai jamais prévu d’avoir une vraie carrière de Drag. Je me sentais donc très fier de faire partie de la royauté suisse.

Tu es une Drag Queen en Suisse, comment cela est vu dans ton pays ?

La société suisse est très ouverte et libérale sur les questions Queer, et la scène Drag est devenue plus grande et plus visible au cours des dernières années. Récemment, moi et mes sœurs de la Haus of Unart avons fait une promenade dans la vieille ville et la célèbre rue commerçante de Zurich un samedi après-midi ordinaire. Les réactions ont été positives.

Est-ce qu’il y a beaucoup de scènes ou de lieux pour que les Drags puissent se produire ?

Oui, il y a une scène de drag dynamique. Bien sûr, comme tout en Suisse, à une plus petite échelle que dans les métropoles d’autres pays, mais même les lieux non Queer ont des Drag-shows de nos jours.

Est-ce que le Drag est bien représenté dans la culture, à la télévision ou dans la musique par exemple ?

Oui, comme partout, depuis que le RPDR est devenu un phénomène commercial, le drag est plus présent dans les médias, l’art et la publicité.

Pour terminer as-tu une actualité dont tu aimerais parler ?

Je viens de publier le premier épisode de ma nouvelle Web série : Mauve’s Schmink-Therapie (Mauve’s Makeup-Therapy). Les conférences ont lieu en Suisse Allemand… donc il ne deviendra forcément pas un grand succès (international). Mais en tant que thérapeute d’art pratiquant dans la vie réelle, le potentiel thérapeutique du Drag comme forme d’art a toujours été une question importante et intéressante pour moi. Donc ces vidéos sont un projet très cher et personnel pour moi, où je peux fusionner mes deux passions. Ils ne sont pas seulement des tutoriels de maquillage, mais aussi une exploration du potentiel thérapeutique du Drag. Je l’appelle « le tutoriel sur le maquillage avec une qualité de vie supplémentaire ». Bien sûr, toujours avec beaucoup d’humour et à ne pas prendre trop au sérieux.

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Merci encore à Mauve de Mirabelle de nous avoir accordé un peu de son temps pour nous parler de la culture Drag Queen en Suisse. N’hésitez pas à la suivre sur les réseaux ou a découvrir sa Web série si vous maitrisez la langue.

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