Norma Bell

La Baby Queen : Norma Bell

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Ecrit part Velvet Divine

mars 4, 2026

Aujourd’hui, la jeune baby drag Norma Bell vit à Paris. Mais elle apporte avec elle toute la fraîcheur et le soleil de La Réunion, l’île dont elle est originaire.

Son parcours est atypique, et son univers déjà très affirmé : entre mode, maquillage et envie de scène. Rencontre.


Pour commencer, peux-tu nous dire depuis quand tu fais du drag ?

Norma Bell : Bonjour ! À vrai dire, je suis assez jeune dans le milieu drag. J’ai débuté en décembre 2019. Donc Norma n’a même pas encore un an !

Comment as-tu découvert cet univers ?

Norma Bell : Je dois avouer que c’est un univers que j’ai découvert récemment. Je suis originaire de La Réunion, et là-bas la communauté LGBTQ+ n’est pas très présente — ou en tout cas pas très active. Alors le drag, n’en parlons même pas.

J’ai découvert cet univers à travers RuPaul’s Drag Race et les réseaux sociaux, mais c’est surtout en arrivant à Paris que ma vraie expérience a commencé.

Avant cela, tu as été mannequin homme. Quel a été le déclic pour oser franchir le pas ?

Norma Bell : C’est vrai, la scène m’a toujours attiré, mais je n’avais pas assez confiance en moi pour imaginer créer mes propres shows.

Comme je suis passionné par la mode, je me suis dit que le mannequinat pourrait être un premier pas. J’ai commencé par des shootings, des petits défilés, puis j’ai participé à Mister Réunion Island 2018 où je suis arrivé 1er Dauphin. Toutes ces expériences m’ont vraiment aidé à prendre confiance.

À côté de ça, une opportunité professionnelle m’a fait découvrir le monde du make-up. Le maquillage est devenu un hobby, puis une vraie passion.

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Et un jour, j’ai testé un maquillage drag, parce que je commençais à être fasciné par les drag queens. À la fin, je me suis dit : moi aussi, je veux être une drag queen ! Je pense que je n’aurais jamais eu ce déclic sans être passé par le mannequinat. Ça a été une transition naturelle avant d’arriver jusqu’ici.

Quel souvenir gardes-tu de ta première fois, chez toi ou en public ?

Norma Bell : Je me souviendrai toujours de ma première soirée en drag. Je suis allé assister à Drag Me Up, une compétition sur Paris présentée par la talentueuse Cookie Kunty.

Cookie est la première drag queen que j’ai suivie, et c’est en partie grâce à son parcours que j’ai décidé de me lancer. Ce soir-là, elle m’a fait un compliment en me disant que j’étais « superbe ». Le genre de phrase qui te donne envie d’aller plus loin.

Et oui… ce soir-là, je suis aussi rentré chez moi à pied : plus de 40 minutes de marche en talons. Je m’en souviendrai toute ma vie, je vous le dis !

Peux-tu nous présenter Norma Bell en quelques mots ?

Norma Bell : Norma Bell est une drag queen plutôt élégante et éclectique. Je m’inspire de tout pour créer un univers où le mot d’ordre est le métissage. Et même si mes looks ont souvent des inspirations vintage, Norma reste une vraie showgirl d’aujourd’hui.

Et la création de ton nom, justement ?

Norma Bell : Je voulais garder mes initiales pour conserver mon identité : NB. Ensuite j’ai choisi Norma, en référence à la norme. Pour moi, le drag est un moyen de s’exprimer, une façon de transcender toutes ces normes sociales qui nous brident encore aujourd’hui.

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Enfin, j’ai choisi Bell : comme une cloche. J’aimerais que mon art finisse par résonner.

Tu es toute jeune dans ce monde : quel regard portes-tu sur l’univers drag ?

Norma Bell : Honnêtement, comme beaucoup de gens, j’avais des préjugés. Mon regard était biaisé.

Mais j’ai appris — et j’apprends encore chaque jour. Aujourd’hui, mon point de vue a complètement changé. Je suis admiratif du courage, de l’investissement, de la créativité (et de l’argent…) que ça demande. Et je suis fier de pouvoir en faire partie.

Tu fais ça pour le plaisir ou tu envisages une carrière ?

Norma Bell : Je le fais déjà par plaisir, et le drag restera toujours un plaisir : il réunit toutes mes passions en une.

Avec le temps, je vois que mon travail plaît de plus en plus et que des opportunités se présentent. Alors je continue de travailler, et on verra où ça me mène. Et si c’est une carrière entière qui s’ouvre à moi… je dis oui, avec grand plaisir.

Pour terminer : ta reprise de Back to Black a marqué les esprits. Le chant est une passion aussi ?

Norma Bell : Merci beaucoup ! Oui, je suis passionné par l’art en général, sous toutes ses formes. Le chant est un art magnifique. Donc oui, le chant fait partie de mes passions — et c’est une passion que j’aimerais développer.


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Velvet Divine

Elle explore la culture drag depuis l’intérieur — entre scène underground, esthétique radicale et tension politique. Ici, rien n’est neutre.
Le glamour est une arme