L’artiste invité : Marc de Suzzoni

L’artiste invité : Marc de Suzzoni

Marc de Suzzoni vient de publier son premier roman La beauté du Vice chez LBS Noir. Son nom ne vous parle peut-être pas, car d’habitude il est plus dans l’ombre. Mais sans lui, vous ne regarderiez notamment pas Top Chef en France.

De producteur de télévision à auteur il a franchit le pas pour offrir un polar très immersif et réussit se passant à Las Vegas. Son roman reçoit un très bon accueil et je suis ravi qu’il ai accepté d’en parler avec moi sur ce site.

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Pour commencer, pouvez-vous nous dire quel est votre rapport avec l’univers du Drag ?

Je ne suis pas très familier de l’univers du Drag. J’ai vraiment découvert cette culture et ce monde grâce à l’émission RuPaul’s Drag Race. Je suis producteur de télévision, j’ai créé ou produit énormément de télé-réalité dans ma vie. Selon moi, cette compétition de DragQueens est l’un des shows télé les plus divertissants et intelligents du moment.

Ces Drags savent tout faire : réaliser leurs costumes, chanter en play-back, danser, écrire des textes, jouer la comédie… Tout en sortant des répliques bien senties, à faire pâlir de jalousie les Kardashians.

Surtout, RuPaul’s Drag Race permet, à mon avis, de rendre la culture gay grand public, de manière amusante et distrayante. Et ainsi de faire prendre conscience au plus grand nombre ce que c’est que d’être gay aujourd’hui.

Dans quelle autre émission aujourd’hui parle-t-on de familles rejetant leur enfant homosexuel, de harcèlement à l’école du fait de sa sexualité, de Sida, d’anorexie, de boulimie, d’homophobie, de transphobie… Tout ça dans une bonne ambiance, sans tomber dans le pathos ?

Je trouve ça incroyablement inspirant. À travers les histoires des candidats, leurs difficultés à devenir ou à s’accepter en tant que Drag, on découvre quelque chose de bien plus universel : la difficulté d’être différent, tout simplement. Comme dirait RuPaul: « If you can’t love yourself, how the hell are you going to love somebody else? ».

Avez-vous déjà assisté à des shows en France ou à Vegas ?

Pas en France. Mais j’ai déjà assisté à des shows dans des clubs de Las Vegas (où je vis une partie de l’année). Les plus célèbres DragQueens du monde viennent s’y produire régulièrement. J’ai d’ailleurs glissé dans mon livre une scène qui m’est arrivé dans l’un de ces clubs, et qui m’avait particulièrement marqué.

Aimeriez-vous un jour une transformation totale par curiosité pour voir le résultat ?

Malheureusement, je ne pense pas que je ferais une belle DragQueen… (j’ai essayé avec une app et le résultat a achevé de m’en convaincre !)

Marc de Suzzoni interview dragqueens.fr

Votre actualité c’est la sortie de votre premier roman La beauté du Vice, épuisé dès le premier jour. Quel est votre état d’esprit en ce moment ?

Il est depuis à nouveau disponible partout, grâce à la réactivité de mon éditeur. Mon état d’esprit ? Très heureux. Reconnaissant envers le public qui m’a suivi depuis le début et qui me soutient énormément sur les réseaux sociaux, notamment sur mon compte Instagram @labeauteduvice ou sur ma page Facebook : facebook.com/marcdesuzzoni.

Et en même temps, je sais que je n’en suis qu’au début. La sortie d’un livre, c’est le Tour de France. Un bon départ, c’est bien, mais il faut réussir, sur la longueur, à continuer à faire parler de l’ouvrage, en le faisant connaître aux lecteurs susceptibles de l’apprécier. Car il n’y a rien de pire qu’un lecteur déçu. Disons que j’ai gagné la première étape, mais je sais que les épreuves de montagne m’attendent.

Et comment vous sentiez-vous avant la sortie ?

Anxieux. De la réaction du public. Est-ce que mon histoire allait intéresser les gens ? Mon style, empreint d’humour, plaire ? Une bête histoire de peur du rejet, sûrement…

Vous avez eu l’idée de l’histoire devant une machine à sous. Combien de temps cela a pris ensuite pour creuser l’idée, et faire les recherches avant le début de l’écriture ?

Avant de devenir producteur de télévision, j’étais journaliste. J’ai gardé de mon ancien métier cette curiosité, cet appétit pour les enquêtes et les recherches. Tout est allé très vite. Entre l’idée un soir devant une machine à sous de Las Vegas et le manuscrit, il s’est écoulé 2 mois et demi, recherches comprises (les recherches ont continué un peu pendant l’écriture).

Marc de Suzzoni interview dragqueens.fr

C’est un premier roman, on dit souvent que l’auteur y met beaucoup de soi. Vous retrouve-t-on un peu dans l’un des inspecteurs ou dans d’autres personnages ?

Pas vraiment. J’espère déjà n’avoir rien mis de moi dans le narrateur, odieux au début mais finalement assez attachant.

J’ai créé un antihéros car, personnellement, je suis fasciné par les personnages qu’on déteste : Dexter, Hamlet, Emma Bovary, Hannibal Lecter, Tony Soprano, Nancy Botwin, Frank et Claire Underwood, Tommy Vercetti… J’ai à chaque fois adoré les détester, tout comme j’ai détesté le héros de mon roman. Je trouve qu’on s’identifie toujours plus à une personne avec des failles…

S’il y a un peu de moi dans ce livre, c’est peut-être lorsque j’aborde l’homosexualité de l’un des personnages. Et encore : je me suis essentiellement nourri d’histoires arrivées à des amis… mais qui ont probablement une résonnance universelle.

J’ai lu que vous aviez vraiment été sur chaque lieu évoqué dans le livre. C’était important pour vous d’être au plus près de la vérité dans les descriptions ?

Oui. J’admire les écrivains qui n’ont pas besoin de quitter leur maison pour imaginer tout un univers, comme Emily Dickinson ou Jane Austen. Moi, j’ai besoin de voir, de toucher, de ressentir les lieux où se déroule une action.

Déjà parce que je voulais être très réaliste dans mes descriptions, et réussir à faire de Las Vegas un vrai personnage dans le livre, à part entière.

Aussi parce que le sens qui créé chez moi le plus d’émotions, c’est l’odorat. Et ça, Google Images et Google Earth ne savent pas encore le retransmettre. J’ai littéralement besoin de sentir un lieu pour qu’il m’inspire.

Le style est direct et moderne, on se créer vite des images dans la tête. Vous avez pensé un peu à une adaptation ou autre pendant l’écriture ?

Peut-être par déformation professionnelle. J’ai écrit comme si je réalisais une série pour Netflix. C’est peut-être ce qui plaît, et qui attire aussi un public qui n’a pas habituellement le goût de la lecture. Beaucoup de mes lecteurs me disent que c’est le premier roman qu’ils achètent depuis très longtemps. Peut-être comble-t-il un manque ?

Marc de Suzzoni interview dragqueens.fr

Malgré le succès, parmi les chiffres que vous évoquez autour du livre sur votre insta, j’ai noté que vous aviez eu 12 refus. Comment les reçoit-on ? 

Heureusement que j’ai reçu des refus ! Je m’y étais préparé, en me conditionnant, en me disant : « Personne ne voudra m’éditer… Tant pis, au moins je suis allé au bout de la démarche ».

Et puis, j’ai reçu des propositions. Choisir la maison d’édition qui vous comprenne, en accord avec votre style, avec votre univers, avec votre envie de ne rentrer dans aucune case, c’est très important. LBS Editions était l’éditeur parfait pour moi.

J’ai eu connaissance personnellement de ce livre avec la vidéo dans laquelle des stars des années 90 vous font un petit message. Comment cela s’est fait ?

Un ami vivant à Los Angeles m’a fait cette surprise. Depuis que je vis aux Etats-Unis, j’ai eu beaucoup de chance. J’ai rencontré des artistes que j’admirais, avec qui je ne pensais jamais discuter un jour dans ma vie.

Pour finir, fort de ce succès, avez-vous envie de continuer dans l’écriture ?

Une suite à La beauté du vice est possible, si le livre continue sur cette lancée. Sinon, j’ai une autre idée de roman, dans un univers très différent, mais que je connais extrêmement bien…

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Merci encore à Marc de Suzzoni pour son temps et ses réponses. Le livre est disponible en librairie et sur Internet, n’hésitez pas à vous faire plaisir si vous aimez les romans policiers.

Pour avoir un petit avant goût de l’histoire, je vous met ci-dessous un teaser.

Vous aimez le site ? N’hésitez pas à laisser un petit mot dans le livre d’or ou a faire un petit don en cliquant ici.

 

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