La Queen Régionale : La Méandre

Pour la Queen Régionale, je vous emmène avec La Méandre dans une ville que je connais bien, et que j’ai arpenté pendant des années, la belle Capitale des Flandres, alias Lille.

Comment est la scène Drag dans la ville, les réponses sont ci-dessous.

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Pour commencer et te connaître, peux-tu nous dire depuis quand tu aimes cet univers du Drag Queen et comment as-tu découvert cela ?

Hello, et déjà, merci de me consacrer cette petite interview !

Alors, concernant l’univers Drag, c’est une amie à moi qui m’avait fait regarder une saison de Drag Race (eh oui…) il y a de ça 3, 4 ans je crois ? Et puis, plus tard, on est allées à une diffusion de quelques épisodes de l’émission au cinéma, soirée organisée par Enza Fragola et Jésus La Vidange. C’était la première fois que je voyais des Drags à Paris… Ensuite, je me suis renseignée davantage sur la scène locale, et ai assisté à pas mal de shows !

De l’aimer a en faire il y a un grand pas, est-ce qu’il y a quelqu’un ou quelque chose qui t’as donné envie de franchir le pas ?

À cause de l’émission RuPaul’s Drag Race, j’étais persuadée que les femmes n’étaient pas autorisées à faire du Drag. Je trouvais cet art pourtant incroyable, et sa relation au théâtre, la création et incarnation d’un autre soi, me fascinait davantage. Puis j’ai vu Morphine Blaze sur scène. Puis j’ai écouté et lu les interviews de Sasha Velour sur le genre et le Drag. Et j’ai su qu’en fait, si, j’étais légitime. Et je me suis lancée.

Tu te souviens de ta première fois que ce soit chez toi ou en public ?

Oh oui, je m’en souviens… Mon premier makeup Drag était juste une version trop maquillée de moi, avec une perruque et des faux-cils… Je préfère ne pas revenir dessus, haha.

Mais ma première sortie en Drag, la nuit où Méandre est vraiment née, c’était aussi la première soirée Drag à laquelle j’ai pu assister à Lille : le Freakshow de la House of Jambon Beurre, quelques jours avant Halloween 2018, et accompagnée de mes sœurs Drags, elles aussi orphelines, Stargirl et Enidras. J’avais un look genderfuck avec mon maquillage habituel sur lequel j’avais tracée une petite moustache au liner. Les cheveux plaqués en arrière, un tailleur pantalon noir, des talons de 15 cm et des ongles (que dis-je, des griffes !) immenses. C’était une chouette soirée, je referai peut-être un revival de ce look, maintenant que j’ai un peu plus de technique !

La meandre interview dragqueens.fr

Qu’est-ce que ça représente pour toi de faire du Drag, est-ce un amusement, quelque chose de politique ou autre ?

C’est bien sur politique avant tout. Ça a déjà été dit et redit, mais le simple fait de sortir en Drag dans la rue est un gros fuck à la société toute normée dans laquelle nous vivons. Les gens regardent, posent des questions, parfois insultent (ce serait trop beau, sinon), complimentent, etc. En tout cas, ça fait réagir, et ça, c’est chouette. Puis vient la scène, où on est libre de partager ce que l’on souhaite (toujours dans le respect d’autrui, BIEN SÛR), de partager nos revendications, nos points de vue, nos sentiments… De manière plus ou moins subtile. Parfois, c’est un mal qui fait du bien. Ce n’est pas forcément évident de se livrer sur scène, d’être si vulnérable. Mais ça fait toujours plaisir de voir, après coup, que ce qu’on a pu faire ce soir-là a pu toucher d’autres personnes.

Sur Instagram tu as de nombreux looks, comment qualifierais-tu La Méandre en quelques mots ?

La Méandre, c’est une petite poupée vintage, celle que tu gardes précieusement dans ta collection. Elle incarne à la fois la fragilité et la force de la Femme.

Est-ce tu peux nous parler un peu de ton pseudonyme aussi ? A-t-il une origine ?

C’est un peu un nom à double sens ! Le méandre (c’est un nom commun masculin, à la base) est un motif que l’on retrouve principalement dans l’esthétique architecturale grecque. C’est aussi le nom donné à certains fleuves, à l’apparence courbe et sinueuse. On parle aussi des méandres de l’esprit, sorte de chemin mystérieux et tortueux de la pensée. J’aime tout particulièrement cette définition, car j’aimerais que LA Méandre, ce soit un peu ce personnage qui vient te bousculer l’esprit le temps d’une soirée.

La meandre interview dragqueens.fr

Tu es une Drag qui vient de Lille, est-ce qu’il y a une grande communauté Drag dans la ville ?

La communauté Lilloise ne cesse de grandir ! Quand je suis arrivée, fin 2018, on pouvait compter les Drags sur les doigts de la main… Maintenant il doit y avoir plus d’une vingtaine/trentaine de Drags ? Kings, Queens et Things confondus. Certain.e.s y naissent, certain.e.s y arrivent, et d’autres s’en vont pour une autre ville… Mais je pense qu’on restera toujours Lillois.es, quoi qu’il arrive !

Y a-t-il beaucoup de scène ou de bars ou les Drags peuvent se produire ?

Honnêtement non pas tant que ça. Mais c’est surtout car c’est compliqué de trouver un endroit queer friendly pouvant accueillir une scène, ou un espace suffisant pour se produire. Parce que les lieux sont souvent petits, et le public les remplisse très vite (plus d’une fois, certains retardataires se sont retrouvés à la porte par manque de place). Je n’organise pas de soirée moi-même donc je ne connais pas vraiment la galère que c’est de trouver un lieu. Mais j’ai vu mes copines passer des jours et des jours à chercher des endroits sympas… (merci pour ça)

Depuis la mise en avant mondiale de cet art avec Ru Paul et son émission, as-tu senti qu’il y avait plus de demandes de la part de responsable d’établissement ?

De la part des responsables, je ne sais pas, mais du public en tout cas oui. Qui dit public dit consommation, et dit tendance pour les patrons à accepter davantage de produire des soirées Drags dans leur établissement. Enfin, je suppose. C’est difficile d’en parler puisque je n’ai pas connu le milieu Drag pré-Drag Race.

La meandre interview dragqueens.fr

Pour terminer, comment vois-tu ou espères-tu l’évolution de La Méandre ? As-tu des projets à évoquer ?

Je n’en ai absolument aucune idée haha. J’espère pouvoir performer dans plusieurs villes, voir même plusieurs pays. Pour pouvoir transmettre à différents publics ce qui me fait vibrer dans le Drag. Rencontrer de nouvelles personnes qui partageraient cette vision… Et continuer de développer et de faire grandir cette petite poupée !

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Je remercie encore La Méandre. Je lui souhaite beaucoup de réussite et qu’elle puisse se produire dans un maximum de ville ou de pays. Souvenez-vous à ce moment-là que je vous en aurais parlé ici.

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