L’invité spécial : Frida Salo

L’invité spécial : Frida Salo

Aujourd’hui, j’accueil en interview Frida Salo. Beaucoup d’entre vous du milieu Drag doivent déjà la connaître, grâce à ses soirées GLAM Against The Machine.

C’est justement pour revenir sur ses soirées que Frida a bien voulu répondre à mes questions. Bonne lecture.

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Quel est ton rapport avec l’univers des DragQueens ?

Mon rapport s’est fait petit à petit. D’abord par des phases travestis que j’ai expérimenté en photo et en vidéo au temps des Beaux-Arts de Valence avec un pseudo Petra Static que j’utilisai à l’époque. J’ai eu des déclics Drag via Tracy Gareth avec les soirées Lyonnaises Middlegender dans les années 2000 puis mes voyages Berlinois.

Ma vraie naissance, c’est grâce à ma mother Alexia Carrington en Avril 2018. Et c’est là que j’ai décidé de m’appeler Frida Salo. En hommage à la fois à une artiste que j’estime beaucoup, mais aussi en référence à une des chanteuses d’ABBA et à un des personnages de la chanson Laura des Scissor Sisters… Bref, j’ai un rapport baba-cool à l’univers des Drags, une famille large qui étend aussi une filiation pleine de love avec les Drag kings et les filles du burlesque. Et puis, j’ai décidé d’en faire une passion, et une mission de bonne foi.

Qu’est-ce qui te plaît dans l’art du Drag ?

C’est un côté universel de pouvoir rapprocher le temps d’une soirée, différents personnages qui ne se seraient pas côtoyés autrement. Qu’on vienne de la ville, des champs, des clubbings, des théâtres, des squats alternatifs, des écoles d’art… Je m’estime fièrement fantasque pour voir ces mélanges se concrétiser à chaque fois.

Frida Salo interview dragqueens.frFrida Salo by Chantal Polchi  

Pour présenter un peu Frida aux lecteurs comment la qualifierais-tu en quelques mots ?

Frida pour l’aspect GLAM et Salo pour la crasse. Je materne mais je suis une femme impitoyable comme dans la série Dallas… J’ai failli être la maîtresse de JR et je picole comme Sue Ellen, lol ! Non, plus sérieusement, je suis une éternelle afficionado des cultures punk, new wave, vintage et underground qui se serait voulu égérie du légendaire Palace des 70-80’s. Mon turban sur la tête atteste ma volonté d’être patronne d’un bordel baroque et kaléidoscopique. Ca me résume bien ça ?

Tu es le Show Director de la GLAM Against The Machine, est-ce que tu peux nous parler un peu de ces soirées ?

Je remets les pendules à l’heure. La GLAM, c’est aussi dû à Maxime Bühler Antoine. Nous sommes deux dans cette aventure pour un long moment, j’espère. GLAM Against the Machine est une fête Queer, inclusive, safe et mixte pour les Drags et les étudiants fauchés, baignant dans la musique disco, punk et glam rock.

Comment sont-elles nées ? D’où t’es venu cette idée ?

C’est né d’un commun ras-le-bol des soirées électro-queers lambdas et bcbg, devenues un peu trop chères questions prix et ne prônant pas l’inclusivité des corps. Qu’ils s’agissent des femmes, personnes trans, migrantes, binaires… Bref, on voulait se retirer d’une époque qui prônait trop la masculinité toxique et le capitalisme.

Frida Salo interview dragqueens.frFrida Salo by Nana Deon

Dès le départ tu savais que tu voulais mélanger tous les styles de Drag dans ces shows ?

C’est venu petit à petit, puis devenu clairement une évidence en effet… J’estime que c’est à partir de la sixième édition qui a incorporé les filles du burlesque mélangées avec des Queens, qu’on a trouvé le ton et la forme.

Maintenant c’est une institution, as-tu réussi à « convaincre » facilement les artistes d’y participer au début ?

On parle d’avant la crise sanitaire de Lyon. Et en effet, ça n’a pas été dure de convaincre les artistes de trouver un espace d’expression. Et croyez-moi, ça manquait sur Lyon. Surtout avec le critère d’inclusivité.

De quelle manière choisis-tu les Drags présents ?

Mes critères de sélection, c’est de pouvoir organiser une scène locale avec des artistes de Lyon, mais aussi de Grenoble, Genève, Dijon, Saint-Étienne et autres villes des alentours. J’insiste sur la scène locale dans la mesure où la GLAM ne veut pas devenir parisienne.

Je choisis les artistes qui m’envoie des vidéos shows. Mais ma préférence, c’est quand même de faire des repérages dans des lieux atypiques (bars, squats, galeries d’art…), parfois tenus par des copines comme Aurélie de Foresta et son cabaret militant La Salve ou Gaston Tenembaum et son joli bar BASTON, héritier.es de quelque chose que je ne pensai jusque-là seulement n’être qu’un fantasme. Et c’est devenu une réalité. L’envie de développer un réseau local nous anime beaucoup.

Frida Salo interview dragqueens.frFrida Salo by Nana Deon

Y a-t-il des artistes récurrents ou de collectifs fidèles à ces soirées ?

La GLAM a pu en effet compter sur les récurrences de Queens lyonnaises comme mes sistas Soho Kir Royale, Brookline Saint-Hilaire, Nana Deon, Patricia Chaudepisse, Ruby Diamond Stratton, Trauma, Malva Morose, Sam Beardy. Ou les salvatrices Queens du collectif Dragone, sans oublier le vogueur Ken Trophy, l’effeuilleuse LaGrande Sissy ou le King Yax. J’en profite pour les remercier ici.

Avec la crise sanitaire la GLAM a su se réinventer et exister en ligne. Est-ce la même organisation ?

Maxime étant plus concerné par la direction musicale, c’est plutôt moi qui pilote les éditions en ligne. Cela dit, ça s’appelle toujours GLAM Against the Machine.

En espérant pouvoir à nouveau faire la fête en réel un jour, as-tu des projets pour la saison 2021 de la GLAM ?

Je fourmille de pleins de projets avortés depuis avril dernier concernant le live. J’espère pouvoir les reprendre là où j’ai dû arrêter. Concernant les événements en ligne, je planche sur une édition digitale là avec que des artistes suisses car j’ai un grand feeling avec la légendaire reine de Genève Greta Gratos. On verra où ça nous mène.

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Merci encore à Frida pour sa réactivité face à l’organisation très rapide de cette interview, elle comprendra. N’hésitez pas à la suivre via son Instagram ou directement sur la page Facebook des soirées. Et pour avoir une petite idée d’une soirée, voici une prestation de Sam Beardy sur Mein Herr.

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