Svenn, la DragQueen Contre-Ténor

Svenn, la DragQueen Contre-Ténor

Si vous avez regardé l’émission Show Me Your Voice sur M6, vous connaissez alors mon invité Svenn.

Cette DragQueen nous vient de Suisse, et elle a surprise tout le monde par sa voix et son talent. Il faut dire que dans la vie, Svenn est contre-ténor à l’opéra et à déjà une belle carrière derrière-lui.

Afin de parler de Drag, de musique et de son passage dans l’émission, Svenn a accepté mon invitation et j’en suis ravi.

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Pour débuter, peux-tu nous dire comment tu as découvert l’univers du Drag ?

Lors d’une soirée d’anniversaire costumée ! Sur le thème des Drag-Queen. Du coup, je me suis rendu dans le supermarché du coin pour acheter un fond de teint (bien trop blanc !), un crayon noir et un rouge à lèvre, attrapé une perruque qu’une amie avait oubliée chez moi… Autant dire que je ne ressemblais à rien. C’était bien plus un déguisement qu’un costume. Et quand j’avais 20 ans, j’avais aussi donné l’impulsion pour faire une soirée qui mélangeait les genres : mes deux amies devaient s’habiller en garçons, et moi en fille. J’étais le seul à être allé au bout de la manœuvre et à rester en Drag toute la soirée, même dans la rue. Et c’est ma mère qui m’avait maquillé pour l’occasion.

Et tout ça, c’était bien avant le phénomène RuPaul et avant que je sache que ça s’appelait du « drag-queen ». D’ailleurs je m’étais fait traiter de travelo dans la rue, sans que ça me touche réellement car pour moi c’était une façade ce soir-là. Mais ça m’avait fait apercevoir ce que les personnes transgenres doivent traverser et endurer.

Qu’est-ce qui t’a plu et attiré là-dedans ?

Les aspects expressifs, créatifs, mais aussi subversifs et outranciers ! C’est un art, un véritable mode d’expression qui va à contre-courant (surtout avant). À commencer par le maquillage : je trouvais ça fascinant et incroyablement plus compliqué qu’il n’y paraissait. En y repensant, j’ai toujours eu une certaine fascination pour le maquillage, certainement à cause de ma mère. Alors j’ai voulu m’y essayer et obtenir le meilleur rendu qui soit, tout en me disant que ça me servirait pour d’autres soirées costumées. Et un jour, j’ai réalisé l’évidence : maquillage et musique pouvaient se rejoindre. C’est ça qui m’a encouragé à faire du Drag.

Svenn-interview-dragqueens.fr

D’aimer à en faire soi-même c’est différent. Quelqu’un ou un événement t’as aidé à franchir le pas ?

Je me suis rendu pendant quelques mois aux États-Unis. Et là-bas, la culture Drag est beaucoup plus développée. J’avais assisté à un show dans un bar et ça m’avait donné envie de faire vivre ça ici. Alors je suis rentré en contact avec des Drag-Queens locales pour intégrer des soirées. Mais l’élément déclencheur était vraiment cette soirée costumée dont j’ai parlé plus haut.

Pour parler de Sven, comment qualifierais-tu ton personnage Drag en quelques mots ?

Comme pour le clown, je pense que le Drag demande d’aller explorer des facettes de soi-même, de les exploiter, et d’en faire une image plus caricaturale de soi-même pour en créer un personnage. Disons que cette facette de moi-même est une cantatrice du genre femme-fatale, fraîchement hystérique. C’est une reine parmi les reines, outrancière mais toujours glamour.

Est-ce que ton personnage te ressemble dans la vie civile ?

C’est clairement une partie de moi, mon clown, mon alter ego féminin. Mais disons qu’elle sait se faire discrète, et heureusement ! 😊 Il lui arrive de n’avoir aucun filtre. C’est une version brute, un diamant par très poli (dans tous les sens du terme).

Svenn-interview-dragqueens.fr

Tu n’as pas de nom Drag, peux-tu nous parler de ce choix ?

La question de mon nom de Drag m’occupe toujours l’esprit. J’ai commencé avec un nom de scène en dessous de la ceinture : c’était marrant pour des soirées entre amis mais pas très vendeur. Mais aujourd’hui, garder mon vrai prénom est aussi une façon de dire que je n’ai pas à me cacher derrière un pseudonyme et que je peux assumer qui je suis, sur la scène comme dans la vie.

Sur M6, je me suis présenté sous mon vrai prénom, car ce sont deux mondes que j’ai mis en contact : celui du Drag et de l’opéra, qui sont tous deux des éléments de ma personnalité. Toutefois, ce n’est pas en Drag que je suis amené à chanter de l’opéra. Alors, j’ai trouvé important de mettre ma véritable identité en avant. Disons que je garde mon nom complet pour d’autres domaines. Mon nom de Drag très « sous la ceinture » c’était amusant, mais c’était plus une blague que quelque chose de sérieux, alors je n’aurais pas aimé me présenter sous ce jour à la télévision.

Peut-être que je me trouverais un nom de Drag, plus tard, qui sera en harmonie avec qui je suis, et qui sera représentatif de ce que je fais sans qu’il me donne l’impression de servir de couverture. Mais pour le moment, c’est juste Svenn. Je n’ai pas besoin d’un pseudonyme pour me cacher ou exprimer qui je suis. Et ça, c’est un message à faire passer en termes de visibilité.

On t’a vu il y a quelques jours dans Show me your voice sur M6. Quel était ton objectif en participant à cette émission ?

Me reconnecter avec la musique à un moment où le COVID a mis en pause forcée le monde de la culture. Et à un moment où j’ai décidé de faire ma transition entre ténor et contre-ténor, deux registres vocaux différents. J’avais aussi envie de m’amuser, de connecter ces différentes facettes artistiques et de découvrir l’envers du décor d’un plateau télé. J’ai l’expérience des scènes non filmées et ça, clairement, c’était nouveau et excitant. En plus, nous étions engagés en tant qu’artistes sur cette émission, ce qui est valorisant. Je n’y suis pas allé comme un candidat qui auditionne, comme c’est le cas dans d’autres émissions. Mon but était donc clairement de gagner en visibilité en tant qu’artiste, et ouvrir de nouvelles portes.

Est-ce que tu as déjà eu des retours depuis la diffusion ?

J’ai profité d’une bonne couverture médiatique en Suisse. Et quelques contacts se sont créés. J’espère que cela pourra aboutir à de nouvelles opportunités et à des engagements dans le monde du spectacle.

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Si je ne dis pas de bêtises, tu n’as pas chanté cet air de Mozart par hasard. Peux-tu nous en parler un peu ?

Avec cet air, c’était la confusion des genres. De tous les genres : musicaux, artistiques, sexuels… Cet air a été composé pour une voix de femme par Mozart, une femme interprétant un rôle travesti. Autrement dit, c’est une femme qui chante un rôle d’homme, ou plutôt d’adolescent sous l’emprise de ses hormones. Et moi j’ai chanté cet air en étant un homme habillé en femme et utilisant sa voix de fausset, laquelle sonne comme une voix de femme. C’était une façon de croiser les différentes dimensions de ce que je fais.

Est-ce que tu as d’autres projets en Suisse ou en France que tu aimerais évoquer ?

J’ai été contacté pour un autre projet télé. À voir ce que cela peut donner. Avec la crise sanitaire, je crains que la reprise soit un peu lente. Mais je me réjouis de pouvoir à nouveau participer à de beaux projets. Et je suis ouvert à de nouvelles collaborations !

Je te laisse le mot de la fin, si tu veux en profiter.

Amusez-vous et protégez-vous !

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Merci encore à Svenn de m’avoir accordé un peu de son temps. N’hésitez pas à le suivre sur Instragram ou ici sur son site officiel.

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