Maryposa, la Drag Queen qui questionne

Maryposa, la Drag Queen qui questionne

L’interview du jour est celle de Maryposa, Drag Queen Bordelaise aux origines espagnoles.

C’était pour moi l’occasion de discuter avec elle de son parcours, de ses origines, de ses positions et de ses projets.

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Est-ce que tu peux nous dire de quelle manière tu as découvert l’univers du Drag ?

La première fois que j’ai vu un.e DragQueen, c’était lors d’un petit cabaret à la campagne. Je devais avoir 4 ou 5 ans. J’étais captivé. À tel point que je suis allé voir l’artiste en coulisses, pour lui dire que j’adorais ! Sinon, comme beaucoup d’entre nous, c’est l’émission Drag Race qui m’a fait découvrir l’art Drag, et m’a donné envie d’expérimenter cet art.

Qu’est-ce qui t’a plu et attiré là-dedans ?

Avant tout : la pluridisciplinarité de cet art ! Il faut être multitâche, en plus d’être un bon interprète.

Est-ce qu’un événement ou une personne t’as fait franchir le pas de faire toi-même du Drag ?

Pour ma part, ça a été un processus de quelques mois. J’étais en formation art du spectacle (à la Made School), nous avions des soirées tous les mois. J’ai commencé avec un peu de make-up, puis un corset, puis une wig. Pour finir l’année en full Drag !

Maryposa-interview-dragqueens.fr

Tu te souviens de ta première fois en Drag Queen ? As-tu une anecdote à nous raconter ?

Ma vraie première fois, c’était lors d’une scène ouverte de ma formation. J’avais pris du temps à coudre mon costume, à m’entraîner pour le make-up. Ce jour-là, il y avait mes parents, ma sœur et mon p’tit frère de 3 ans ! Je n’avais juste pas encore compris qu’il fallait apprendre les paroles de la chanson !

Pour parler de La Señorita Maryposa, comment la présenterais-tu en quelques mots aux lecteurs ?

Mi-femme mi-superheros, mi-glamour mi-non conventionnelle. La Maryposa se questionne et questionne les normes de la société. Son but, c’est de mettre une ambiance de « stade de foot », même dans un petit bar queer avec une capacité de 80 personnes. Elle est prête pour la révolution !

Est-elle différente de toi dans la vie civile ?

Mes ami.es diront sûrement que oui. Pourtant il s’agit bien tout le temps de la même personne. Qui, grâce à une illusion visuelle donne vie/interprète un personnage qui évolue sur scène, et auprès du public !

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Est-ce que ton pseudonyme a une histoire ?

Ouuiii! « Mariposa » signifie papillon en espagnol. Mon pseudo fait référence à mes origines, et rend hommage à ma grand-mère espagnole. Celle qui m’a déguisé pour la première fois, m’a offert des robes et des bijoux lorsque j’étais enfant. Ça fait aussi référence à la transformation du papillon, un long processus, qui peut être la métaphore de la préparation Drag. J’ai choisi de faire un clin d’œil à mon personnage de film préféré « Mary Poppins » en changeant le « i » de « mariposa » en « y » pour devenir Maryposa !

Tu as choisi de ne pas faire de tuck, ni d’avoir de seins dans ton Drag. Peux-tu nous parler de cela et de la signification pour toi ?

Je ne cherche pas à créer une illusion totale d’une « femme », je cherche à interpréter/représenter, ma version de la « féminité ». En gardant mes poils sous les bras, en assumant de ne pas porter de poitrine etc.. Finalement mon art rend hommage aux femmes. À toutes les femmes ! (à écouter : Barbara Weldens)

Est-ce que tu t’inspires parfois dans tes looks ou prestations de tes origines espagnoles ?

Au début, il y a plus de 3 ans, Maryposa parlait au micro soit en espagnol, soit en français avec l’accent espagnol. Je créais un personnage qui se rapprochait le plus de ma grand-mère, de ce qu’elle a vécu, ou aurait voulu être ! Mariée en noir de force par ses parents en Espagne, une de mes premières performances était « Negra Maria » ( mi abuela y mi madre se llaman Maria ) de Chavela Vargas. Habillée en robe noire au début, puis nue à la fin !

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Tu es une Drag à Bordeaux. J’ai l’impression que la scène Drag dans cette ville est assez développé et active. Est-ce bien le cas ?

Il y a 3 ans, la Maison Éclose, dont je faisais partie à l’époque, était la première house Drag à Bordeaux. Nous étions 5. À l’époque, il n’y avait aucune soirée Queer. Puis, dès les premiers événements, il a y eut un énorme engouement. C’était un rendez-vous vital pour la communauté Queer de Bordeaux.

En 3 ans, il y a eu plein de soirées (voir @dragbordeaux), on doit être près de 80 Drags. La prochaine étape, c’est d’être plus considéré financièrement par les lieux. Car le Drag coûte cher, et nous voulons plus se développer.

Fais-tu partie toi-même d’une House ou d’un collectif actuellement ?

Après 2 houses/asso Drags à Bordeaux, dans lesquelles je ne me suis pas retrouvé professionnellement, j’ai enfin la confiance et l’expérience nécessaire pour porter un plus gros projet : une Maison de Créateur Queer. Le lancement sera annoncé bientôt.

As-tu des projets que tu aimerais évoquer ? Où passer un petit mot aux lecteurs ?

Oui, il s’agit cette fois-ci d’ouvrir les frontières et regrouper des artistes transdisciplinaires Queers, des arts vivants et des arts plastiques. La soirée de lancement se fera à la Guinguette Chez Alriq cet été ! Et plein de soirées sont déjà en préparation ! Vous y serez évidemment tous les bienvenus, que vous soyez de Bordeaux ou d’ailleurs !

Le mot de la fin sera simple : Soyez qui vous voulez être, et prenez soin de vous et des gens que vous aimez ! Besitos !

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Je remercie la Señorita Maryposa d’avoir accepté mon invitation pour parler d’elle et vous la faire découvrir. N’hésitez pas à la suivre sur son Instagram pour être informé de ses projets à venir.

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