Erika Klash, la Drag Queen Monster

Erika Klash, la Drag Queen Monster

Erika Klash est la Drag Queen invitée du jour. Celles et ceux qui ont regardé la saison 2 de The Boulet Brother’s Dragula la connaissent déjà de vue.

Cette Drag à l’univers très marqué et aux multiples inspirations à accepté mon invitation pour une petite interview. On y parle de son parcours, de son style et de ses occupations. Découvrez vite tout cela ci-dessous.

*****

 

Pour commencer, peux-tu nous dire de quelle manière tu as découvert l’univers Drag Queen ?

Ma toute première exposition au Drag a eu lieu un dimanche après-midi à la fin des années 1990, lorsque ma mère et mes sœurs regardaient To Wong Foo : Merci pour tout, Julie Newmar (Extravagances en VF NDLR) à la télévision. En tant que foyer portoricain vivant à New York, ChiChi Rodriguez était absolument notre personnage préféré !

Qu’est-ce qui t’a plu et attiré dans cet art ?

J’ai grandi en tant qu’enfant de théâtre gay, et j’ai toujours pensé qu’être un artiste Drag, c’est comme être une compagnie théâtrale unipersonnelle. Vous avez le droit de participer à chaque étape du processus (de l’écriture à l’interprétation, en passant par la création du costume). Et ces 5 minutes sur scène sont votre chance de raconter une histoire. N’importe quelle histoire que vous voulez raconter. Notre forme d’art est tellement imbriquée dans la culture Queer, et j’aime beaucoup cela aussi ; pouvoir revendiquer mon homosexualité et ma féminité (des choses que j’ai appris à cacher en grandissant). ET rendre la pareille à toutes les personnes Queer qui se tournent vers nous pour trouver de la force (ou même simplement pour rire), représente beaucoup pour moi.

Erika Klash interview Dragqueens.fr Erika by @oyemoye_art

Une fois découvert, est-ce que quelqu’un ou un événement t’as aidé à oser faire le grand saut ?

Yuhua Hamasaki (de la saison 10 de RuPaul’s Drag Race) m’a donné ma première occasion de me produire. Elle organisait un concours amateur dans le West Village et je lui ai demandé si je pouvais m’inscrire.

Tu te souviens de ta première fois en Drag ?

Oui. Ma sœur aînée m’a mis une perruque noire, une robe en velours noir qu’elle avait portée quelques années auparavant, et a trouvé des gants en satin noir pour aller avec. Elle m’a maquillée, mais je n’avais pas de chaussures ni de vêtements moulants. C’était donc un look Drag très naturel ! Ma mère (nous étions dans son salon) a pris quelques photos. Le personnage a pris vie instantanément !

Pour parler d’Erika Klash, comment la décrirais-tu en quelques mots ?

Erika est une animation vivante ! Elle a un peu de princesse de jeu vidéo, de super-héros d’anime et de zombie de pop art en elle. Erika est toujours une explosion vibrante de couleurs et d’énergie !

Erika Klash interview Dragqueens.fr

Ton pseudonyme a-t-il une histoire ou une signification pour toi ?

Ma mère ne savait pas quel sexe me serait attribué à la naissance. Elle alternait entre m’appeler Michael et Erika lorsqu’elle était enceinte de moi. Erika est vraiment une extension de mon moi quotidien, donc cela semblait approprié. Klash vient de Mario Clash, un jeu obscur pour le Virtual Boy de Nintendo.

Ton look est basé sur les jeux vidéo et les anime, c’est une passion j’imagine ?

Oui, je suis une passionnée de jeux vidéo depuis l’âge de 4 ans, lorsque je jouais à la Super Nintendo et à la Nintendo 64 avec mes sœurs. L’idée initiale d’Erika était qu’elle était une princesse de jeu vidéo, comme la princesse Peach, qui pouvait renverser l’idée d’une demoiselle en détresse.

Lorsque tu as débuté le Drag, savais-tu déjà que tu allais adopter ce style de Drag Monster ?

J’ai toujours été un passionné d’horreur. Mais au départ, j’ai conçu Erika comme un personnage de jeu vidéo numérique. Ensuite, Erika est devenue un personnage vivant de dessin animé/anime, puis les influences harajuku ont commencé à se faire sentir. Au début de ma carrière, j’ai fait des expériences dans le domaine de l’horreur, mais je me suis d’abord concentrée sur le travestissement. Après deux ans de spectacles, j’ai commencé à me tourner vers des looks plus osés. Depuis Dragula, je me suis davantage inspiré de ce qui m’inspire en tant que nerd de l’horreur et j’ai mélangé ces éléments à mon style jeu vidéo/anime/harajuku.

Tu as participé à la saison 2 de Dragula des Boulet Brothers. Excepté gagner, quel était ton objectif en participant à ce concours ?

Je voulais vraiment établir mon style de Drag comme faisant partie de ce côté “alternatif” du monde Drag. Les nerds sont si souvent rejetés dans la cour de récréation lorsqu’ils sont enfants, et dans la partie plus traditionnelle de la culture Queer lorsqu’ils sont adultes. Si vous êtes un nerd queer, ces deux défis sociaux s’ajoutent l’un à l’autre. Il était important que je représente ces personnes, et que je montre qu’il n’y a pas qu’une seule façon d’être Dragula.

Erika Klash interview Dragqueens.fr

Cela t’a apporté plus de notoriété ou plus de propositions ?

Absolument. J’ai réussi à transformer une passion artistique en une entreprise, et c’était vraiment mon rêve depuis le début. Faire partie d’une émission comme Dragula est l’occasion de laisser une trace dans l’art et de pouvoir partager son art dans le monde entier. Je suis tellement reconnaissante de pouvoir vivre ma passion.

Pour terminer, veux-tu parler de tes projets en cours ou à venir ?

En janvier, j’ai commencé à faire du streaming sur Twitch ! Cela a été un excellent moyen pour moi de me connecter avec mon public. Et de continuer à puiser dans les influences des jeux vidéo dans mon Drag. Je travaille sur la saison 2 de mon émission YouTube Nerd Alert, qui est en train de passer à un format de talk-show pour Twitch. Ainsi que sur un autre talk-show Twitch axé sur les problèmes économiques auxquels sont confrontés les artistes Drags dans la pandémie et au-delà. Et tout cela s’ajoute à des spectacles de DragsQueens numériques. Et aussi à des projets de photographie pour lesquels j’ai enfin recommencé à trouver du temps !

*****

 

Merci encore à Erika Klash de m’avoir fait confiance et de m’accorder un peu de temps. N’hésitez pas à découvrir son univers sur Instagram ou à regarder ses émissions, le lien est un peu plus haut.

One thought on “Erika Klash, la Drag Queen Monster

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.