La Queen Parisienne : Vajinette de la Vologne

La Queen Parisienne : Vajinette de la Vologne

Vajinette de la Vologne est une Drag Queen Parisienne. Celle-ci a bien voulue revenir pour le site sur ses débuts, son travail et sur sa vision de la scène locale dans la Capitale.

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Peux-tu nous dire pour débuter comment tu as découvert l’univers des DragQueens ?

J’ai commencé le Drag en soirée étudiante il y 8 ans. Et j’ai notamment découvert le côté festif et artistique du Drag lors de mon Erasmus en Italie dans les clubs de Rome. C’est d’ailleurs pour cela que Vajinette s’écrit avec un J et non un G. Pour faire un petit clin d’œil au début de mon Drag.

Qu’est-ce qui t’a plu dans cet art ?

Le fait de pouvoir être qui l’on a envie d’être à l’instant T. J’aime le fait que ce soit un art fluctuant et que l’on ne soit pas enfermé dans une catégorie. On peut très bien passer d’un look disco à un look femme d’affaires en passant par un look de vieille dame. Tout ça sans pour autant dénaturer la personne que l’on est. Juste être moi dans différentes carapaces.

Est-ce qu’une personne ou un événement t’as aidé à « franchir le cap » d’en faire ?

J’ai longtemps fait du Drag tout seul. Etant en province dans un premier temps, où la scène Drag n’est pas aussi foisonnante que dans les grandes villes. J’ai longtemps, et c’est encore un peu le cas, détesté me maquiller. Ce n’est vraiment pas ce qui m’attire le plus dans le process du Drag. Mais on va dire que certains membres du Consœurtium m’ont, par exemple, poussé à développer un peu plus mon personnage. Donc je répondrai à cette question en disant que j’ai sauté le pas tout seul, mais que je me suis construit aux côtés de plein de personnes.

vajinette interview dragqueens.fr Vajinette par Jean Ranobrac

Tu te souviens de ta première fois en Drag

Alcoolisé en soirée donc pour être honnête je suis incapable de donner une date précise à la naissance de Vajinette. Ça s’est fait naturellement et ça s’est imposé à moi en quelque sorte. Donc mes souvenirs sont clairement perdus dans les limbes de ma vie étudiante concernant la naissance de mon Drag.

Pour parler de Vajinette, comment la présenterais-tu en quelques mots ?

Je n’aime pas forcément catégoriser le Drag. Mais je me reconnais beaucoup dans la comédie et le look rétro des Drags des années 80. Je dirais donc rétro rigolo !

Est-ce que ton pseudonyme à une histoire ?

Pas vraiment ! J’ai commencé mon Drag sous le pseudo de QueenVajina pour le clin d’œil au pseudo des Queens old school. Quand je suis arrivé sur Paris, tout le monde m’a appelée Vajinette et j’ai trouvé cela plus approprié n’étant pas une femme. J’ai rajouté le « De La Vologne » pour faire un petit clin d’œil à mes origines vosgiennes.

vajinette interview dragqueens.fr Vajinette By Cleoptere

J’ai l’impression sur ton feed que tu aimes te vieillir, ce qui est rare. D’où cette idée vient-elle ?

C’est un choix réfléchi et assumé. J’ai voulu prendre le contre-pied de beaucoup d’artistes qui cherchent souvent l’embellissement par le make-up et une certaine image de perfection, et de plutôt représenter des personnes âgées. Je suis du coup influencé par plein de personnages de la pop culture (Golden Girl, Grand-mère Yeta …). Mais il est important de préciser que je ne suis pas la seule personne à avoir choisi cette direction. Et j’espère pouvoir ouvrir prochainement un EHPAD pour Drags fatiguées.

Est-ce le même travail de maquillage ou pas du tout ?

Le make-up c’est pas du tout mon truc et mon esthétique ne change pas beaucoup d’un personnage à l’autre. J’ai donc un certain confort à faire ce genre de look. Je préfère passer du temps derrière ma machine à coudre pour faire mes tenues qui vont avec les personnages que j’ai envie de créer.  Mais pour répondre un peu plus à la question chacun a sa technique. Je pense que c’est forcément différent d’un make-up « classique »

Tu es une Queen basée sur Paris, quel est ton point de vue sur la scène Drag de la capitale ?

Je n’ai pas forcément d’opinion sur la scène Drag parisienne. Elle est diversifiée et il y en a pour tous les goûts donc l’avantage c’est que tout le monde y a sa place. Malheureusement le booking est perçu par beaucoup de monde comme une validation de son art, ses choix artistiques. Ce qui met parfois les gens en compétition pour se faire leur place. En province j’ai plutôt connu des personnes qui s’unissaient pour monter des choses ensemble pour pouvoir s’exprimer. A Paris c’est malheureusement beaucoup moins mixé. Ce qui peut être parfois contre-productif pour la visibilité des personnes LGBTQI+.

vajinette interview dragqueens.fr Vajinette By La Méandre

As-tu remarqué une évolution depuis que tu en fait ?

J’ai remarqué une grande évolution depuis que je fais du Drag, mais c’est un peu à double tranchant. Le Drag devient mainstream et c’est plutôt cool. Car il y a encore quelques années plus tôt, même au sein de la communauté gay principalement, on n’était pas forcément perçu comme des artistes mais des « travelottes ». Le Drag devient à la mode mais pas toutes les esthétiques de Drag. Je dois encore parfois expliquer, voir justifier mon choix assumé de faire des personnages de vieilles.

Pour finir, as-tu des projets, malgré la situation, que tu aimerais évoquer ? Ou passer un petit mot aux lecteurs ?

Oui j’espère bien pouvoir reprendre ma soirée la Drag Queez quand la situation sanitaire le permettra. Et on a encore des projets de vidéos culinaires avec ma partenaire Sciatique pour notre chaîne Gastronomamie (available sur youtube et les instagram internationaux). Ce n’est pas impossible que je prépare également un deuxième single. J’en profite pour vraiment remercier toutes les personnes que j’ai pu croiser pendant ces 8 années de Drag. Et malheureusement pour vous mamie à encore de l’énergie à revendre.

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Merci encore à Vajinette de la Vologne. N’hésitez pas à suivre ses looks et son travail sur son Instagram.

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