Lady Gem

Lady Gem

Lady Gem, l’invité du jour, nous viens tout droit de Nice. L’occasion de discuter avec elle de la scène locale dans sa ville, de son parcours, mais pas que. Lady Gem est aussi le premier Drag Queer que j’accueille sur le site, il nous explique donc aussi de quoi il s’agit.

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Peux-tu nous dire de quelle manière tu as découvert l’art du Drag ?

Au départ je suis un grand mélomane de musiques alternatives. Des artistes en perpétuelle transformation comme Björk, ou Kate Bush, mon longtemps inspirées. Aussi bien dans mes projets en tant qu’artiste visuel que dans la production de musique. C’est tout à fait par hasard que j’ai rencontré le monde Drag. Dans un bar tranquille de Nice ou j’allais passer une petite heure avant de travailler, seul, je vis à l’angle de la rue deux créatures extravagantes sortir d’un taxi et s’installer au bar. C’était Jean-Pierre et Mika Hollywhite, nos deux Dragqueens les plus connues de Nice. De nature réservée, j’étais à la fois impressionné et émerveillé par leur facilité à être « elles même » dans une excentricité qui rendait à ce petit bar calme toutes ses lumières. La bienveillance de la clientèle envers ces deux magnifiques artistes me donnait déjà un premier éclat.

Puis le show commençait. Je découvrais pour la première fois ce qu’était réellement le Drag, oubliant aussitôt les idées préconçues. Un vrai choc qui me mettait aussitôt face à mes aspirations profondes, comme une résonance avec l’époque où je m’amusais à me déguiser ou déguiser les amis dès que l’occasion s’y prêtait. Ça devenait à ce moment-là quelque chose à envisager, un nouveau challenge : pouvoir être qui je veux sans me cacher. Et peut-être toucher les autres par ma vision artistique dans cette discipline.

Qu’est-ce qui t’a plu là-dedans ?

D’une part, j’ai toujours été fasciné par la métamorphose au sens large du terme. De l’autre, je suis très créatif et le Drag m’est apparu comme une discipline qui combinait parfaitement les deux. En plus du fait qu’il soit un art vivant avec une histoire pleine de conviction qui est inclue dans un contexte tout à fait commun. Cela au milieu d’un publique bienveillant et joyeux.

Lady Gem interview dragqueens.fr

Est-ce qu’une personne ou un événement t’as aidé à « franchir le pas » ?

Seul je commençais déjà à me montrer dans les clubs niçois. Je prenais mon courage à deux mains, je suis plutôt impulsif et je cueille le jour donc je ne pouvais pas attendre. J’étais laide à mort mais je crois qu’une personnalité décalée et mystérieuse s’affirmait déjà à cette époque. J’ai été contacté ensuite par une autre Dragqueen très connue de Nice, Tatyana Clarkson. Elle organisait son deuxième ou troisième concours de Drags. Elle me proposa d’y participer.

Te souviens-tu de ta première fois en Drag ? As-tu une anecdote à nous raconter ?

On peut dire que la première fois ou je me suis senti faire partie de ce monde Drag c’est à ce concours. J’avais trouvé un nom, et mon personnage commençait à prendre une vraie direction. J’ai une anecdote pas forcément des plus folles ou drôles, mais je me souviens m’être rendu seul à ce concours. Je ne connaissais réellement personne dans le public. Sur scène je voyais défiler les conquérantes. Toutes plus belles, exécutant leur représentation sur des morceaux pop, connus, pétillants, et que le public chantait en même temps. Et moi avec mon look SM futuriste qui allait faire quelque chose d’inconnu, sombre, avec pour seule compagnie le spot en pleine face.

Un cauchemar qui se fini bien malgré tout. Car même en ayant perdu j’ai reçu mes premiers retours positifs et c’est ce soir-là que je me suis senti comme faire partie de cette famille. C’est ici aussi que j’y ai rencontré mes amis Drags et ma sœur Granita Summers.

Pour parler de Lady Gem, comment décrirais-tu ce personnage pour le présenter ?

Ladygem est une créature atemporelle (souvent futuriste) et non-binaire avec un univers plutôt décalé. Elle est également fétichiste de l’accumulation, des textures, du glitch, du folklore et d’ornements.

Est-ce que ton pseudonyme a une histoire ?

Ladygem vient de mon habitude de me coller des pierres, strass ou d’orner mon visage d’autres manières.

Lady Gem interview dragqueens.fr

Tu es une Drag Queer, peux-tu expliquer en quoi cela consiste pour les lecteurs ?

Je ne sais pas si ma définition est juste à 100 %. Mais pour moi c’est un Drag qui, en gardant les codes de base d’un Drag mainstream, ne va pas s’apparenter à un genre en particulier. Qui va rester dans une ambiguïté, une androgynie volontaire. On peut parler plus largement de Drag créature ou Alien. Mais la plupart du temps je suis humaine Et androgyne. Par exemple je vais partir sur des makeup arty, ou nude, ou chauve, ou avec des coupes décalées. Il y a aussi la confection d’accessoires et tenues qui sera toujours réalisée en faveur d’un aspect ambiguë.

Durant la première quarantaine, tu as relevé le défi de faire 1 look par jour pendant 40 jours. Comment as-tu fait pour trouver autant d’inventivité pour les make-up ?

Je tire mon inspiration d’un rien. Ça peut être le revêtement d’un canapé, une texture observée au microscope, un mouvement, une illustration que j’ai faite, le style d’un artiste, une peinture, un film, une musique… Je suis très curieux et heureusement rarement en panne d’inspiration. Et la plupart du temps ça part d’un rien et je laisse le hasard décider en cours de création. Il y a une autre technique qui consiste à créer un moodboard. Récemment je me suis lancé un défi, j’ai demandé à mes amis de me créer des moodboard pour m’inspirer des makeup, ça fonctionne très bien.

Tu exerces ton art à Nice, comment est la scène Drag dans ta ville ?

La scène Drag est plutôt bienveillante. Les soirées sont agréables et si on met de côté les dramas c’est toujours sympa de passer des soirées dans des lieux avec un personnel et des Drags accueillant(es). Il y a malheureusement peu d’opportunité pour quelqu’un qui débute. Il y a beaucoup de débutantes et d’autres qui commencent à faire leurs preuves mais très peu de lieux. Donc ça limite le choix aux Drags les plus talentueuses et anciennes qui vivent uniquement de leur art.

Lady Gem interview dragqueens.fr

Quels sont ces lieux à ta connaissance histoire de les mettre en avant ?

Si je ne me trompe pas à Nice il y a quelques bars comme l’Instabar, le Redkafé, le Swing. Et deux boites:  l’Oméga et le Glam.

Pour terminer as-tu des projets que tu aimerais évoquer ? Ou passer un petit message aux lecteurs ?

Tout d’abord, je te remercie pour l’interview. Ensuite, j’aimerais parler de mon projet plus ou moins lointain, qui est de créer une boutique en ligne d’accessoires confectionnés par mes soins.

Comme je l’indiquais vaguement au début de l’interview, je suis également producteur de musiques alternatives (le dernier projet : meteologist, sur Spotify ou autres services de streaming). Je souhaite prochainement concilier mes deux passions. Et du coup créer un album sous un autre pseudonyme, avec des morceaux adaptés pour performer en live, si j’en ai l’opportunité. Pour les plus curieux sachez que je tiens à jour un site internet où j’expose les nombreuses cordes de mon arc : Jimmymeteo.com.

Enfin je souhaiterais dire aux lecteurs : soyez vous-même et vivez votre art pour vous même et pour ceux que ça intéresse, Principalement.

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Merci à Lady Gem pour son temps et nous en avoir dit plus sur Nice et le Drag Queer. Le lien pour son site est un peu plus haut dans l’interview et vous pouvez aussi suivre son travail sur son Instragram.

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