L’artiste invité : Yvette Leglaire

L’artiste invité : Yvette Leglaire

Yvette Leglaire, doit-on encore la présenter ? La chanteuse fantaisiste qui arrive tranquillement mais sûrement à ses 20 ans de carrière est mon invitée du jour.

Daniel, celui qui l’incarne, a accepté de revenir pour moi sur la naissance d’Yvette, son parcours et ses projets. Profitez bien de cette dernière interview de l’année. Yvette est un peu mon cadeau de Noël que je vous offre.

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Pour commencer, pouvez-vous nous dire d’où est venue à la base l’envie de vous transformer en personnage féminin ?

J’ai toujours été plus attiré par les chanteuses et les chansons de femmes. Il y a tant d’émotions, tant de possibilités, tant de diversité. Du glamour à l’humour, de la chanson à texte à la chanson pour danser, de la chanson populaire à la chanson engagée. C’est plus difficile avec les chansons d’hommes. Excepté Serge Lama qui a un peu une sensibilité féminine, ou Jean Guidoni, évidemment. Personnellement,  peu de chanteurs ont des textes facilement utilisables. Et en tout cas, qui me parlent.

Et puis je les aime tant, mes sœurs…De Dalida à Barbara, Marie Paule Belle à Rika Zaraï, Marie Laforêt à Catherine Lara. Et bien sûr, Anne Sylvestre qui vient de nous quitter et qui me rend tellement triste.

Qu’apporte Yvette à Daniel ?

Yvette a beaucoup plus de droit. C’est le principe du masque, de la Commedia Del Arte. En plus, comme elle est caricaturale, elle a la possibilité de faire beaucoup de choses, grâce à l’humour. Elle peut être un peu plus osée, sans être vulgaire, que celui qui se cache dessous… Et la sensibilité féminine à jouer, c’est très jouissif.

C’est si agréable de jouer un personnage. La vie est parfois un peu ordinaire, la mienne en particulier. On peut s’inventer des tas d’histoires, des tas d’aventures. Et sinon, le côté public apporte beaucoup au côté personnel et inversement. Et les règles d’or de mes spectacles sont la sincérité et toujours envoyer des ondes positives. Alors que dans la vie, tout n’est pas toujours rose.

L’Eurovartovision, c’était votre première sortie en Yvette ? Vous avez un souvenir particulier ?

Yvette est arrivée en 2002 pour cette parodie de l’Eurovision orchestré par mon fidèle Vartoch. On y reprend des chansons qui ont participé au concours original. Tout s’est passé ce jour là, sur scène. Le choc !

C’était sur la chanson : Tu te reconnaitras d’Anne-Marie David, gagnante 1973 pour le Luxembourg. Yvette a tellement avancé sur la scène qu’elle a poussé le retour qui est tombé sur quelqu’un. Et elle aussi est tombée de la scène. Elle est remontée et a terminé la chanson normalement. Comme je chantais mal à l’époque….

Mais le public a tellement ri et m’a adoptée.

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Yvette a du coup trouvé sa voix et son public assez rapidement ?

Ça a été un peu compliqué de savoir si j’avais trouvé ma voie, surtout sans voix.. L’année suivante, j’ai refait l’Eurovartovision et on s’est demandé si Yvette voulait continuer tout cela. Et puis l’amour des chanteuses a été le plus fort. Pour avoir envie d’utiliser le personnage pour leur rendre hommage et essayer de mieux chanter. On a monté un spectacle. On est parti à Avignon sans argent, sans régisseur, il y avait un côté pauvresse qui a très bien fonctionné.

A partir de là, il y a eu le Point-Virgule et le spectacle d’Edouard Baer, en même temps. Et enfin, La France a un Incroyable Talent, tout cela en 2006 ! Ca a été surprenant. Ensuite l’idée de faire mes chansons et de ne plus chanter que celles des autres s’est imposée même si ça a mis du temps. Car il faut trouver des compositeurs, des arrangeurs etc.…

Un peu comme Barbara à l’époque qui ne disait pas qu’elle incorporait dans son répertoire ses premières créations. On ne savait pas si le public allait suivre, c’était compliqué et sans maison de disque en plus au départ. Mais voilà on l’a fait, grâce a des rencontres et des artistes qui ont cru en Yvette, comme Daniel Castano et Ysa ferrer qui m’ont accueillies dans leur label et dans leur vie. C’est ma famille de cœur.

Trois albums, 25 chansons originales. Et bientôt le 4ème ! C’est un parcours honnête, je pense. Et sans chercher à être carriériste, j’ai eu mon petit succès, avec 13 années de rendez vous au Point Virgule avec le public et en point d’orgue, l’invitation à l’émission de Laurent Ruquier : On n’est pas couché.

Yvette n’est pas une Drag-queen, comment la qualifieriez-vous ?

Déjà, c’est très compliqué de savoir ce qu’est une Drag-queen. On parle beaucoup de garçons qui se travestissent en fille de manière extravagante et qui font soit du chant, soit de la danse, soit de la présence ou de l’animation. Tout est possible, tout est ouvert  pour les définir. Yvette ne s’habille pas et ne se maquille pas de manière extravagante, c’est même plutôt le contraire. Elle est dans la sobriété la plus totale avec un maquillage qui est celui du clown. Je dirais que je suis un personnage, une chanteuse comme le sont mes sœurs.

Comme pour les Drag-queens et les transformistes, se cache une personne derrière mais ne se cache-t-il pas aussi quelque chose ou quelqu’un derrière chaque chanteuse ? Elles sont aussi parfois des personnages, comme Dalida qui était quelque part le personnage inventé par Yolanda Gigliotti. On est tous du même sang, celui des artistes.

Et on s’offre au public, avec son style, son originalité, son talent et sa peur aussi. En ce qui me concerne, c’est le choix des mots, le chant, l’humour  et la musique qui me guident et me bouleversent.

Comme le chantait Anne Sylvestre :

Mes plumes, je les ai dans la tête

Et puis, j’ai des paillettes

Pour m’habiller le cœur.

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Si un jour un concours arrive à la télévision en France, pourrait-on tout de même vous y voir en juge invité ?

Un juge, oui, avec plaisir. Les limites entre tout ça ne sont pas un trait droit. On peut ressentir la sensibilité, la beauté ou l’extravagance des maquillages. On peut les comprendre. Toutes les Drag-queens ont leur personnalité, elles ne suivent pas des codes et je peux tout à fait comprendre les messages et avoir mon ressenti pour donner un avis. Quelque-soit selon la façon dont elles s’expriment, c’est un cœur  et un être qui défend ses idées et tout le monde peut le comprendre. Avec beaucoup de légèreté, de liberté et d’amour,  je le ferai avec plaisir et bienveillance.

Niveau actualité, Yvette avait pris une pause dans sa carrière ? Celle-ci a-t-elle permis une période créatrice ?

Autant le premier confinement était très difficile car ça avait coupé la tournée que j’avais eu après le Festival d’Avignon, j’ai retrouvé l’envie  du spectacle en ce second confinement. J’ai envie de fêter en 2022 mes 20 ans depuis l’Eurovartovision en 2002.

Ca s’appellera : La chanteuse à vingt-ans, d’après la chanson mythique d’Alice Dona et Serge Lama.

On va faire un nouvel album. Et après les chansons, il sera temps de renouveler aussi mes textes. Je suis étonnée d’avoir tenue 13 ans au Point-Virgule avec un peu les mêmes choses, le même principe du show, même je suis obligé de garder dans mon répertoire futur certaines chansons que le public attends.  J’ai moi aussi, comme mes sœurs, mes classiques, mes chansons cultes….

Donc là, je me suis dit : Il faut relancer la machine. C’est un album qui sera un peu plus olé-olé, j’en ai envie, mais en essayant de ne jamais être vulgaire car ça n’a pas d’intérêt.

Avec une chanson sur la situation et l’année 2020 éventuellement ?

Je crois que les gens vont avoir envie d’oublier tout cela car ce n’est vraiment pas joyeux. A moins de trouver un thème là-dessus, je ne pense pas, non, je préfère m’amuser sur des choses moins datées. Après, j’en parlerais sûrement dans mes textes d’humour dans le spectacle, comme ce n’est pas enregistré, ça peut varier en fonction de ce qui se passe..

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Avez-déjà un début d’idée sur les célébrations de cet anniversaire ?

J’aimerais bien refaire mon spectacle dans des petites salles. D’abord pour roder les nouvelles chansons et puis faire une grande soirée dans une salle mythique.. Après Bobino pour les 5 ans, j’ai fait 2 fois le Grand Point Virgule, on verra selon l’accueil du nouvel album car il faut que le public adhère.

Un titre est déjà sorti si je ne m’abuse ?

Il y a déjà Adieu Paris, bonjour Paris. C’est une vieille chanson à l’origine chantée en français par Berthe Sylva et tant d’autres, que j’ai réécrite avec la partie : Bonjour Paris, qui n’est pas dans l’originale. Je trouvais ça drôle car on a eu l’idée et préparé ce texte il y a plus d’un an et demi et elle est malheureusement d’actualité avec le confinement. Je l’avais choisie car j’aimais beaucoup cette chanson, mais en me disant que je devais la réécrire à la sauce Yvette. Yvette veut partir à la campagne mais il faut qu’elle revienne à Paris.

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Merci à Yvette de s’être arrêté sur mon site. Je pense que vous allez être nombreux comme moi à attendre cet album et cet anniversaire. Quelque soit le lieu de rendez-vous, nous y serons. En attendant, vous pouvez si vous désirez vous procurer le DVD du documentaire Et dieu créa Yvette… en cliquant ici.

Ou découvrir ou redécouvrir le clip d’Adieu Paris, Bonjour Paris.

 

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