Dilaylah Brown Brown

Dilaylah Brown Brown

Je ne vous emmène pas loin aujourd’hui. Nous restons chez nos voisins avec la Queen Internationale Dilaylah Brown Brown. Celle-ci exerce son art en Belgique et nous parle donc de son travail et de la scène locale dans son pays.

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Peux-tu nous dire comment tu as découvert l’univers des DragQueens ?

Et bien, j’ai vu ma première Dragqueen à Rotterdam il y a environ 16 ans… Et j’étais stupéfait, c’était si coloré, spirituel et fabuleux. Sans savoir que j’allais travailler plus tard dans un Dragbar au centre d’Anvers qui s’appelle QUE PASA. Travailler là-bas et voir toutes sortes de Drags se produire 4 fois par semaine, c’était vraiment cool.

Mon patron organisait chaque année une scène ouverte/gratuite et il m’a dit pourquoi ne pas essayer pour une fois ? Je me suis dit pourquoi pas… J’ai acheté une robe, des chaussures et une perruque, je me suis maquillée et j’ai regardé un tutoriel de maquillage sur Youtube. Ma première chanson était “Green Light” de Beyonce et la seconde “It’s not right but it’s ok” de Whitney Houston.

Qu’est-ce qui t’a plu et attiré dans cet art ?

J’ai grandi avec une mère adorable qui était chanteuse de jazz, donc c’était déjà quelque chose. Il y avait toujours de la musique dans notre maison et j’aimais toujours quand elle se produisait sur scène. J’adore le moment où je suis sur scène et où les gens peuvent oublier les problèmes du jour ou de la semaine. Les voir sourires ou chanter un long moment.

Quand vous commencez avec le maquillage, c’est un voyage qui va du maquillage à la robe, de la perruque aux chaussures. Apprendre les paroles, développer un personnage, etc.

Dilaylah Brown interview dragqueens.fr

Une fois découvert, quelqu’un ou un événement t’a aidé à oser faire le grand saut ?

OOhh oui et j’avais besoin de ce hahahaha… 2 des Queens locales, Icequeen Imani et Vulva Variate, m’ont aidé à prendre vie pendant presque un an. Après cela, j’ai déployé mes ailes et j’ai fait mon propre truc.

Tu te souviens de ta première fois en Drag ?

C’était très éprouvant, j’étais un peu dur avec moi-même parfois. Mais vous savez, quand j’ai fait ma première chanson… c’était tellement excitant !

Qu’est-ce que ça veut dire pour toi d’être DragQueen ?

Pour moi, c’est un art, s’exprimer et faire partie de quelque chose de plus grand et important.

En tant que Dragqueen, nous pouvons montrer que peu importe à quoi nous ressemblons ou ce que nous faisons, vous pouvez être ce que vous voulez être. Peu importe à quoi vous ressemblez, d’où vous venez, ou encore la religion que vous avez.

Dilaylah Brown interview dragqueens.fr

Pour parler de Dilaylah Brown Brown, comment la décrirais-tu en quelques mots ?

Dilaylah est insolente, sexy, toujours prête à rire. Sur le plan musical, elle est un peu une sistah soul/rock. Une fan de Whitney Houston…

Ton pseudonyme a-t-il une histoire ou une signification pour toi ?

Ma mère et moi avons toujours nettoyé la maison ensemble quand j’étais jeune et elle adore chanter Tom Jones “why why why Delilah”. Et Brown n’est que par rapport à ma couleur de peau hahhaha..

Justement, tu es une BlackQueen, tu as déjà ressenti un peu de racisme ? Où manquer des contrats à cause de ta couleur de peau ?

Il y a toujours des gens qui pensent différemment sur la couleur de la peau. Et c’est dommage, car ils ne savent pas ce qu’ils manquent !!!! Parfois, j’ai dû travailler plus dur pour faire mes preuves, mais vous savez, travailler dur donne de meilleurs résultats, je pense.

Cela m’a rendu encore plus déterminée à atteindre mes objectifs, dans le Drag et dans ma vie.

Tu pratiques ton art en Belgique, comment est perçu le fait d’être DragQueen dans ton pays ?

Je pense que le Drag en Belgique est bien perçu. Pour être honnête, personnellement, je n’ai jamais eu de problèmes en ce qui concerne le dénigrement des homosexuels ou de mauvaises rencontres. Les Drags Belges et Françaises sont parmi les meilleures en Europe, je pense.

Dilaylah Brown interview dragqueens.fr

Y a-t-il beaucoup de bars ou de scènes locales où les Drags peuvent se produire ?

Ici, à Anvers, il y a trois bars où ils font des spectacles de Drags. Le Que Pasa, Le Bonaparte, et The Maskara. Et à Bruxelles, il y en a quelques-uns.

L’art du Drag est-il représenté dans la culture ?

Oui et je suis très heureux qu’il y ait une représentation. L’année dernière, ils ont lancé Drag race Holland par Ru Paul. Le Drag attire donc un public beaucoup plus large maintenant. Et de plus en plus de gens peuvent voir l’art du Drag désormais. C’est une bonne chose !!!

Je te laisse le petit mot de la fin pour les lecteurs.

Le Drag est un art, et parfois, il n’est pas toujours à la hauteur de vos attentes ou de vos goûts. Il faut le voir comme marcher dans un musée, toutes les œuvres d’art ne sont pas à votre goût. Vous trouverez toujours l’œuvre que vous aimez à la fin de votre visite.

Au final, il n’est pas nécessaire d’aimer tout, mais simplement de respecter le travail qu’on y a mis.

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Merci à Dilaylah Brown Brown de nous avoir parlé d’elle et d’accepter mon invitation. Si vous désirez la suivre sur Instagram, n’hésitez pas à cliquer ici.

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