Victoria Williams

Victoria Williams

Victoria Williams, Drag Queen et transformiste est mon invitée en interview.

L’occasion de parler de son parcours, de la scène locale dans le centre de la France et de ses projets.

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Pour débuter, peux-tu nous dire de quelle manière tu as découvert l’univers Drag ?

J’ai tout d’abord découvert, par le biais de mes premières sorties dans le milieu de la nuit, le transformisme. Qui est tout de même plus courant dans notre pays. En ce qui concerne le milieu Drag, plus par les différents médias existants.

Qu’est-ce qui t’a plu là-dedans ?

Je pense que le côté très exubérant, festif et la proximité créée avec le public m’a vraiment plu. La possibilité d’échapper au quotidien et de laisser transvaser son « moi profond », sans peur. Et assumer sa part de féminité a été une révélation.

D’aimer à en faire, c’est autre chose. Est-ce qu’une personne ou un événement t’as aidé à franchir le cap ?

Ma maman et mes cousines. Suite à un pari pour un nouvel an, elles m’ont permis de franchir le cap. Ce fut véritablement un bonheur d’être soutenu par des membres de ma famille.

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Tu te souviens de ta première fois en Drag ? As-tu une anecdote à nous raconter ?

Je pense que je m’en souviendrais toute ma vie ! Quel moment !

Je ne me sentais pas vraiment bien. Découvrir ce milieu à travers ses propres yeux, et sa personne dans un personnage, est totalement différent que de voir évoluer les autres dans le leur ! Il m’a fallu un peu de temps lors de cette soirée pour commencer à profiter et me libérer !

Je portais une perruque blonde platine ondulée, avec une robe noire pailletée, des talons en plexiglas, et ma mère m’avait fait une poitrine énorme avec des préservatifs remplis d’eau ! Le comble de la vulgarité pour moi, mais tellement drôle en y repensant !

Après notre repas en famille, je suis sorti avec des amis dans une boite de nuit gay de Bourges qui était dans une cave. Je me souviens qu’en allant aux toilettes ma perruque s’est accrochée au plafond et que, mine de rien, je suis allé aux urinoirs sans perruque faire mes besoins. Tout en ne prenant pas compte que je n’étais pas habillé dans le genre masculin. Vous me direz, rien de bien original, mais pour une première, ça me laisse encore tout souriant !

Pour parler de Victoria Williams, comment la présenterais-tu aux lecteurs ?

Même si j’aime la beauté et une légère sophistication, je ne me définis pas dans un genre spécifique, en cumulant les superlatifs habituels que beaucoup d’autres utilisent. Victoria Williams reste un personnage que j’aurais pu être si j’étais né dans le genre féminin.

Je reste très abordable et à l’écoute de mon public, j’aime faire rire, émerveiller, et même pleurer. Je reste tout de fois distante des autres artistes, une forme de protection personnelle que ce soit pour ma vie privée ou professionnelle.

Est-elle loin de toi de dans la vie civile ?

Mon personnage reste bien évidemment loin de moi dans la vie civile. Même si la personne et le personnage sont un seul et même corps, il faut être capable de faire la différence entre le personnage que j’utilise pour mon travail, et ma personne dans la sphère de tous les jours.

Pour la scène il y a une forte nécessité de prestance et de charisme. Il faut du répondant et beaucoup d’auto-dérision, faire preuve d’un peu d’excès est impératif. Dans la vie civile la chose la plus importante reste le savoir vivre et la discrétion autant que possible !

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Ton pseudonyme a-t-il une histoire ou une signification pour toi ?

Ma maman a choisi le prénom et moi le nom. Victoria en rapport à la Reine Victoria, car nous adorons l’histoire anglaise. Pour le nom j’en avais un premier qui avait également un lien à l’histoire anglaise. Mais j’ai choisi de le changer pour quelque chose de plus court, et limitant à l’époque la facilité de me retrouver sur les réseaux sociaux par rapport à mon ancien travail.

Tu fais aussi du transformisme, qui n’est pas le même travail que le Drag. Est-ce que le fait de faire les deux t’apportes un certain équilibre ?

Sincèrement je ne me suis jamais posé la question que cela puisse m’apporter un « certain équilibre ». Car pour moi, je ne suis pas vraiment d’accord sur le fait que transformisme et Drag ne soit pas du tout le même travail.

Tout comme la Drag, le transformiste met en scène son propre personnage sur scène ET PEU IMPORTE l’exubérance de son maquillage. La différentiation se fait lorsque ce dernier va incarner par l’art du maquillage, du costume et de la comédie un, ou plusieurs personnages célèbres. Ce que tout transformiste ne fait pas forcément ! ET OUI pourquoi faire simple quand on peut tout rendre compliqué !

Comment « décides-tu » si tu tel jour tu vas plutôt te lancer dans un maquillage Drag ou dans une ressemblance ?

Si on suit la logique de cette question, quand je ne suis pas maquillé en célébrité je suis en Drag. Je décide selon l’envie du moment ou des demandes des personnes qui me suivent sur les réseaux, mais aussi de mes employeurs.

En ce qui concerne les ressemblances je ne peux pas toutes les faire. Je ne suis pas à la course de celui ou celle qui veut montrer sa dominance dans le milieu par le cumul des ressemblances. Bien souvent, je les fais, comme je l’ai dit, car on me les demande. Ou bien parce que je pense que la structure de mon visage pourrait être bien pour les réaliser. Le problème c’est que la plupart de mes ressemblances, bonnes ou moins bonnes, ne sont pas forcément adéquates pour un spectacle en cabaret, ou bien même pour le plaisir de les faire sur scène.

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Tu fais du Drag dans le Centre de la France. Comment y est la scène Drag locale ?

Il me semble que la région Centre n’a pas de scène Drag. Ou du moins elle n’en a plus, et je m’en excuse s’il y en a une dont j’ignore l’existence. De plus, nous sommes très proches de Paris, et s’il y a des Drags région centre, je pense que par facilité elles tenteront l’aventure plutôt sur la scène Parisienne. Il y a des années que je ne sors plus dans les bars et boites de nuits, et vous me direz avec la situation actuelle c’est tout aussi improbable. Cela dit il y a quelques années de ça, c’était en quelques mots « grandeur et décadence » ! Il y avait beaucoup d’ambiance et de beaux plateaux d’artistes !

Est-ce qu’il y a beaucoup de lieux pour se produire en Drag ?

Personnellement je me produis principalement à L’AUDACIEUX Cabaret à Déols, et bouge partout en France quand mon agenda le permet. La majorité des artistes de notre milieu sont donc en poste dans des cabarets, ou font des galas privés pour des associations et différents comités. Dans ma région d’autres établissements emploient des transformistes comme L’Insolite à Orleans, le Diamant Bleu à Barville-en-Gâtinais et bientôt L’Eclectique à Coullons.

Pour terminer, as-tu des projets que tu aimerais évoquer ? Ou un petit message à faire passer aux lecteurs ?

J’aimerais que tous nos artistes gardent espoir malgré la situation que nous traversons. C’est le moment d’en profiter pour se remettre en question, mais aussi de se pousser à se dépasser. La vie n’est malheureusement pas faite que de paillettes et de moments d’expression scénique. Il y aura j’espère bientôt des jours meilleurs.

En ce qui concerne mes projets je les garde pour moi et les partagerai comme je l’ai toujours fait en temps voulu. « To be continued »

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Merci à Victoria Williams d’avoir répondu à mes questions pour en savoir un peu plus sur elle. Vous pouvez la suivre ici sur son Instagram.

Pour connaître d’autres Drags faisant également du Transformisme, découvrez les portraits de Déhlia Denoir ou encore Safir.

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