Coco Damoiseau, le Drag Queer circasien

Coco Damoiseau, le Drag Queer circasien

Coco Damoiseau est un Drag Queer aux multiples talents et qui se joue des genres masculins / féminins. Je lui ai proposé de parler de son parcours, de son travail et de ses projets, et Coco a accepté.

Découvrez son portrait et ses réponses ci-dessous.

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Pour débuter, peux-tu nous dire comment tu as découvert l’art du Drag ?

J’ai commencé à découvrir le Drag en suivant mon meilleur ami, la Drag Queen Shanna Banana, qui commençait à expérimenter le sien dans nos soirées d’Halloween adolescents. Il m’a ensuite fait découvrir Rupaul’s Drag Race, où j’ai pu y voir un panel plus large de ce qu’était l’art du Drag.

Qu’est-ce qui t’a plu là-dedans ?

Ce qui m’a tout de suite plu, c’est d’y trouver enfin le moyen d’expression artistique libre que je cherchais depuis l’enfance. Avec le dessin, la peinture, la sculpture, le théâtre ou le cirque, je me suis longtemps cherché artistiquement.

Un événement ou une personne t’as aidé pour franchir le pas d’être Drag toi-même ?

J’ai commencé à expérimenter en tant que Clubkid pendant nos soirées en boîte avec d’autres Clubkids toulousains, comme Daemon Shiele et Le Vertige qui est ma copine depuis. J’ai intégré ensuite leur house, Maison LaGrave, avec Gonora LaGrave en mère de famille. Je n’en fais plus parti aujourd’hui mais on est toujours amiEs. Mes premiers pas sur scène, je les dois en partie à Mika Rambar et Stéphane Lafage, directeur artistique du cabaret où je travaille maintenant.

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Tu te souviens de ta première sortie en Drag ? As-tu une anecdote à nous raconter ?

Pour les souvenirs des premières sorties en Drag, il y avait trop de drogue pour qu’ils soient bien clairs haha. Mais pour l’anecdote, je pense au baptême d’entrée dans Maison LaGrave, où Gonora m’a littéralement craché son gin tonic dessus. On a tous eu notre eau bénite !

Comment présenterais-tu Coco Damoiseau aux lecteurs ?

Je dirai d’abord que Coco Damoiseau a pour étendard la poésie, mais aussi l’absurde, et parfois l’humour. On a souvent classé mes performances dans le contemplatif (chose que j’aime énormément), mais je suis aussi en train de devenir artiste polyvalent grâce aux formations de danse et autres activités circassiennes que j’ai grâce au cabaret Le Kalinka.

Ce personnage te ressemble dans ta vie civile ou est-il très éloigné ?

Ce n’est pas un personnage pour moi, mais simplement une extension de qui je suis. Je respecte pour autant les Drags qui le vivent comme un personnage. Il y a tellement de façons de le vivre !

D’où te vient ce pseudonyme ? Est-ce qu’il a une histoire ou une signification pour toi ?

Mon pseudo, c’est d’abord le surnom de quand j’étais petit “coco”, auquel j’ai rajouté “damoiseau” au cours d’une soirée avec une amie qui m’avait trouvé des manières bourgeoises. Le mix des deux m’a plu, d’autant plus que j’aime jouer avec les genres. Damoiseau marche bien je trouve, quand tu as une perruque absurde et des maxi talons !

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Tu es Drag Queer, peux-tu nous dire ce que cela signifie pour toi et expliquer un peu aux lecteurs ?

Je me considère comme Drag en général. Queer, s’il faut préciser, même si je ne suis pas un amoureux des étiquettes, autant dans ma vie perso que pour présenter mon Drag, mais encore une fois : chacun vit son Drag comme il l’entend ! S’identifier en tant que Queer, c’est surtout vouloir s’extirper des spectres féminin/masculin ou de les mixer ensemble. Et j’aime ça ! Haha

Tu es un artiste du Cabaret Le Kalinka, peux-tu nous présenter ce lieu et ce que tu y fais ?

Ça va faire un an et demi que je suis intermittent du spectacle au cabaret Le Kalinka à Toulouse. Avec des conditions vraiment particulières ces derniers temps pour nous, mais on tient bon ! J’y suis entré dans un premier temps en cuisinier, avec projet d’évolution sur scène, car j’en faisais déjà et que le cabaret fonctionne de cette façon : les artistes sont sur scène et au service, accueil, bar, cuisine etc… C’est une famille avec le cœur sur la main, et de très belles valeurs. J’ai beaucoup de chance de faire partie de l’équipe, j’en suis même très fier.

Tu fais du Drag sur Toulouse, comment est la scène locale dans ta ville ?

Le Drag toulousain est très éclectique et plutôt engagé, même si on est peu dans l’ensemble. Juste avant le confinement, on commençait à voir de nouvelles personnes se lancer. Vivement que tout réouvre, qu’on puisse tous.tes s’éclater à nouveau.

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Est-ce qu’il y a de nombreux lieux pour la scène Drag ?

Pas vraiment. Il y a peu de lieux LGBTQI+ de base à Toulouse, mais on a tendance à investir d’autres lieux en organisant soirées, lotos, lectures, scènes ouvertes etc… Là aussi, on commençait à voir de nouveaux lieux prêts à nous accueillir. Mais la pandémie à tout mis en pause également.

Pour terminer, veux-tu nous évoquer des projets, ou passer un petit mot aux lecteurs ?

Alors pour les projets je suis invité à performer à l’exposition Queer de Marion Cazaux à Pau fin Mai. Il va y avoir une collaboration avec Act-up sud-ouest, et le collectif Fêtons Plus Risquons Moins, dans le cadre du festival des fiertés de Toulouse. On va faire une saison au Château Lagarrigue de Villemur, sur Tarn, avec la troupe du Kalinka tous les jeudis du 24 juin à fin août. Et un festival Drag en septembre. J’ai aussi quelques projets photos en cours… alors stay tuned !!!

Pour finir j’aimerais te remercier pour l’invitation et l’intérêt que tu portes à mon Drag. Ça me fait énormément plaisir. J’ai aussi envie de terminer avec un petit mot d’amour à toutes les personnes qui n’osent pas se lancer.

N’attendez pas la bonne occasion, c’est maintenant ! Faites-vous plaisir, le Drag est libérateur. Lancez-vous ! Maquillez-vous ! Rigolez ! Expérimentez ! Aimez-vous !!!

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Merci encore à Coco Damoiseau. N’hésitez pas à suivre son profil sur Instagram pour être informés de ces nombreux projets à venir.

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