Lady Slim, 1ere Drag d’Azerbaïdjan

Lady Slim, 1ere Drag d’Azerbaïdjan

Lady Slim, est une Dragqueen que je suis vraiment très fier d’accueillir sur le site. En effet, il s’agit de la seule artiste Drag de son pays, l’Azerbaïdjan.

Je suis donc ravi qu’elle ait accepté mon invitation et pris du temps pour faire cette interview et nous parler un peu du Drag chez elle.

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Pour débuter, peux-tu nous dire de quelle manière tu as découvert l’art du Drag ?

Bonjour. Tout d’abord, je tiens à te remercier de l’attention que tu portes à mon travail.

Depuis ma plus tendre enfance, j’avais le talent de parodier les gens, surtout les femmes. Et tous mes parents et amis le savaient. Ils m’ont toujours dit que je deviendrais un artiste. J’ai découvert la culture Drag en 2008, alors que je venais d’obtenir mon diplôme universitaire, et que je me rendais compte que je ne pourrais pas travailler dans ma spécialité d’historien. J’ai décidé de corriger mon erreur avant qu’il ne soit trop tard.

La même année, je suis allé à Moscou pour apprendre les secrets du métier d’artiste de club, car je n’avais pas de diplôme d’art pour être artiste de théâtre. Je n’avais aucune envie de passer encore 4 ans pour obtenir une deuxième formation supérieure. Donc c’est pour la première fois à Moscou que j’ai découvert l’art du Drag par moi-même. Et j’ai réalisé que c’était vraiment ce que je cherchais. Après avoir vécu là-bas pendant un certain temps, et appris toutes les caractéristiques de l’art du Drag, je suis retourné dans mon pays.

Qu’est-ce qui t’a plu là-dedans ?

L’art du Drag m’a attiré par sa brillance et son outrance. Je ne suis pas aussi à l’aise dans ma vie quotidienne que lorsque je suis en Drag. Cet art m’a attiré parce que je l’ai compris.

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Quelqu’un t’a aidé à franchir le pas ?

Non, personne ne m’a aidé à faire ce choix. C’est juste mon destin, du fait que je ne pouvais pas être un artiste de théâtre. Et je me voyais comme un artiste de spectacle et n’envisageais pas autre chose que le Drag.

As-tu une anecdote en Drag à nous raconter ?

Mon histoire dans ce domaine est que je suis le premier Drag de mon pays. Et être le premier est une histoire en soi ;))

Peux-tu nous présenter un peu Lady Slim en quelques mots ?

Lady Slim, le personnage que j’ai créé, est très énergique, aime la scène, un peu timide, un peu effrontée et un peu folle.

Ton pseudonyme a-t-il une histoire ?

Oui, il y a une histoire derrière ce pseudonyme. Au début, j’ai gardé mon nom de famille Babayev, et j’étais présenté comme « le Babayevls show ». Mais ensuite, en 2010, j’ai participé au concours « Miss Travesty International 2010 » à Odessa en Ukraine, auquel participaient différents pays. Je devais avoir un pseudonyme pour participer à ce concours. C’est ma mère qui m’a aidée à choisir le nom de Lady Slim. Donc j’ai toujours des tailles minces. Et je trouve que Slim sonne bien.

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Est-ce qu’il y a une culture Drag en Azerbaïdjan ? Y a-t-il une scène Drag qui s’est ouverte après toi ?

En fait, l’art du Drag a des racines profondes en Azerbaïdjan.

Lorsque le théâtre azerbaïdjanais a été fondé au 19e siècle, il n’y avait pas assez d’actrices pour jouer des personnages féminins. Donc des acteurs masculins jouaient des rôles féminins. Ensuite, comme le nombre d’actrices a augmenté, ce n’était plus nécessaire. Nous avons encore assez des artistes masculins dans des personnages féminins, mais uniquement pour le rire et des scènes humoristiques. Mais il est impossible d’appeler ces personnages Drag Queen. Je me suis officiellement déclaré comme la première Drag artiste d’Azerbaïdjan en 2010 sur l’une de nos chaînes de télévision locale.

Cela a été accepté par nos artistes professionnels connus, et ils m’ont soutenue. Des artistes DragQueens ont commencé à apparaître après moi, mais ils ne sont pas restés longtemps. Il y a beaucoup de personnes transgenres en Azerbaïdjan. Tout comme les artistes féminines sont toujours différentes des autres femmes, les artistes DragQueens devraient être différents des autres travestis et transsexuels. Je pense qu’il devrait y avoir du talent, avant les costumes de scène et l’apparence. Je suis le premier, et maintenant le seul artiste Drag de mon pays.

Les droits LGBT dans ton pays sont ce qu’ils sont. As-tu déjà eu peur ou des craintes sur scène ou en dehors ?

Je ne sais pas pourquoi le monde entier pense que notre pays est dangereux pour les LGBT. Je n’ai jamais eu peur en tant que Drag, ni sur scène ni hors scène. Parce que je suis sûr que les gens sont tolérants. En revanche, j’ai peur d’apparaître hors scène en Russie où il y a beaucoup d’homophobes. Et marcher dans la rue comme un travesti dans la Géorgie voisine peut entraîner des coups. Mais dans la liste des pays caucasiens et voisins, je peux vous dire que l’Azerbaïdjan est l’endroit le plus sûr pour les LGBT. Les conservateurs sont partout, ils peuvent ne pas aimer les gens comme nous, mais ils n’ont pas le pouvoir de créer un danger, car ils savent que tout le monde a les mêmes droits devant la loi.

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Je te laisse le mot de la fin si tu veux en profiter.

Notre monde est actuellement en transition. Et pour la paix et la liberté dans notre monde futur, je souhaite que tous les gens soient tolérants, et ne soient pas hostiles les uns aux autres sur la base de la religion, de la langue, de l’ethnie, de la race, du sexe ou de l’orientation sexuelle. Je te remercie encore beaucoup de ton invitation pour cette interview.

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Merci encore à Lady Slim d’avoir été séduite par mon site et d’avoir acceptée d’y être invité.

J’aime recevoir des Drags du monde entier et de pays beaucoup moins mis en avant que d’habitude. J’espère que cela vous plait aussi de découvrir les scènes Drags d’autres régions du globe.

Pour découvrir le travail de Lady Slim, suivez son Instagram ici.

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