Oona, la Drag graphique

Oona, la drag du jour en interview est une queen pleine de culture et de références. Et elle mélange tout cela pour le faire ressortir dans ses looks et prestations.

Elle a accepté de venir parler d’elle sur le site afin de revenir sur ses débuts, sur son travail et sur ses projets. Bonne lecture.

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Peux-tu nous dire comment tu as découvert l’art du Drag ?

Well, un peu comme la plupart des artistes drag de ma génération : via Rupaul’s Drag Race. Évidemment, j’avais déjà pu croiser le Drag au détour de film comme La Cage aux folles. Mais la représentation des personnes maniérées/efféminées qui aiment le glam, et le show, m’avait laissé un goût amer. On riait de nous, et pas avec nous (la scène des biscottes, quoi. Quelle horreur). Drag Race a vraiment jeté une lumière de glorification sur tous ces principes, en montrant des histoires de vies sensibles, des artistes à l’imagination sans limites. Et ça m’a fait faire un virage à 180°.

Une personne ou un événement t’ont aidé pour en faire toi-même ?

Oui, deux événements, même ! L’émission restait quelque chose de très virtuelle et intangible. Mais quand j’ai vu Miss Drinks, avec qui j’allais en cours en école de mode, commencer le drag, ça a repositionné la vision que j’en avais, comme un médium plus accessible. Elle m’a aussi permis de me demander « Qui sont mes artistes drag locaux ? » C’est là que j’ai découvert Cookie, Nomai, les Morues, Enza, etc. Ensuite c’est mon premier drag show : la toute première Fuglies ! (Soirée de Calypso Overkill, Alice Psycho, Sativa Blaze et La Kahena). Avoir vu Sativa Blaze performer sur un remix de Kim Possible m’a complètement retourné la tête. C’était drôle, féroce, nostalgique, un poil absurde : j’étais exalté, et ça a cimenté l’envie de me lancer dans le drag.

De quelle manière as-tu appris à te maquiller ? 

IN-TER-NET, ahah. Moult tutoriels (drag ou pas d’ailleurs). La clé quand tu commences : ne pas avoir peur de ressembler à un troll asymétrique, ou un gribouillis de maternelle.

oona interview dragqueens.fr

As-tu une anecdote ou un souvenir particulier de ta toute première fois en Drag ?

J’ai fait ma première sortie en drag à Londres pour Halloween 2019. Je n’ai pas vraiment d’anecdote : les gens étaient sympas (ils me disaient que j’étais belle alors que j’avais l’air BUSTED, ahah). Et j’ai fini la soirée au McDo, en chaussette. Normal quoi.

Comment pourrais-tu présenter Oona aux lecteurs ?

Oona, c’est une diva sortie d’un film de Wes Anderson, avec la personnalité d’un Gremlins. Je dis souvent que je suis chic, graphique et chaotique : je vis la mode au travers de collages post-moderne (en mêlant des inspirations comme Jonathan Anderson ou Martin Margiela, à des silhouettes du Moyen-âge par exemple) mais je passe souvent ça dans un filtre coloré hyper-saturé tiré de mes études dans l’art (Guy Bourdin, Yayoi Kusama, David Hockney). Tu saupoudres ça d’une touche d’absurde (La Cantatrice de Michel Fau, The Little Lad) et c’est Oona.

Est-ce qu’elle te ressemble dans la vie civile ou pas ?

Je ne fais pas de distinction entre Oona et Bastien. Elle n’est pas un personnage mais plutôt une opportunité. Un contexte pour exprimer des états d’âme ou des visions plastiques que j’ai depuis longtemps. L’intériorité reste la même.

oona interview dragqueens.fr

Ton pseudo a-t-il une origine ou une histoire ?

Oui ! C’est le mélange de deux sources : la première, c’est « Oona, Reine des færies », ma carte préférée de Magic The Gathering (jeu de cartes avec des créatures fantastiques). L’illustration d’Adam Rex m’obsède, et être la reine des fées quand tu es queer, ça me semble assez cohérent ahah. Ensuite, il y a Oona O’Neil, bourgeoise new-yorkaise faisant partie des Cygne de la 5 avenue, muses de l’auteur Truman Capote, auteur de Diamant sur canapé.

Tu as des looks très divers. Est-ce qu’il y a un style en particulier que tu apprécies plus ?

Pas vraiment, j’aime le fait d’être éclectique. Tant que l’esthétique est cohérente avec le concept d’une performance ou d’un visuel, ça me va d’être sapé en vache, en diva ou en Alien.

Tu as participé à la saison 2 du concours Drag Contest. Hormis pour gagner, qu’est ce qui t’as fait t’inscrire à un concours ?

À l’époque j’étais une bedroom queen. Je voyais Drag Contest comme une façon de rencontrer d’autres artistes drags sans être awkward, vu que c’est virtuel. Et comme biais pour décrocher mon premier booking (au Marché Drag).

oona interview dragqueens.fr

Quel souvenir en gardes-tu ?

C’était chanmé ! L’expérience m’a poussé à raffiner mes techniques de maquillage, aiguisé mes concepts, coudre des accessoires, etc. Je vois vraiment un avant et un après Drag Contest quant à la qualité des looks que je produis. Aussi, ça a bien occupé mes confinements. Donc merciiiiii. Et, évidemment, j’en suis ressorti avec des potes drags, et ça, c’est chouette.

Pour finir, comment vois-tu évoluer Oona dans le futur ? Est-ce qu’il y a un but ou un rêve que tu aimerais réaliser ?

Deux choses : d’abord, j’aimerais hoster un show régulier avec ma sœur Lula Strega, un truc un peu drama, avec une belle mise en scène où accueillir d’autres artistes drags qu’on adore. Ensuite, j’aimerais devenir la Plasticienne du drag ahah : créer des œuvres multimédias (photographie, sculpture, happening, etc…) et être exposée quelque part. Croisons les doigts 🙂

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Merci encore à Oona d’avoir accepté mon interview pour parler d’elle. N’hésitez pas à aller la suivre ici sur son Instagram afin de voir un peu plus de son travail.

Je lui souhaite beaucoup de réussite dans ses projets.

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